Un Noël à nul autre pareil à l’heure du Coronavirus

03-01-2021 06:50 PM


De nombreux pays ont célébré un Noël en demi-teinte, le Covid-19 ayant bouleversé les traditions et les habitudes de millions de personnes à travers le monde. C’est un Noël à nul autre pareil qui s’est déroulé jeudi 24 décembre, dans les pays le célébrant, les festivités se trouvant un peu partout restreintes, voire plombées, par un cortège de restrictions ordonnées pour lutter contre la pandémie de Coronavirus.

C’est sous un ciel gris qu’une petite foule est venue assister à la traditionnelle procession de Noël dans les rues de Bethléem, qui attire d’habitude des milliers de pèlerins. Quelques centaines de personnes portant masques sanitaires et parapluies ont regardé la parade où flottaient drapeaux palestiniens et du Vatican, au son des tambours et des cornemuses. Pandémie oblige, le 24 au soir à la basilique, il n’y a pas eu de messe en public, pas de cortèges de dirigeants palestiniens mais une messe de Noël réunissant uniquement le clergé et télédiffusée à travers le monde.

Le pape François a célébré la messe de la nuit de Noël dans la gigantesque basilique Saint-Pierre en présence de moins de 200 fidèles portant un masque de protection, essentiellement des employés du minuscule État du Vatican. L’horaire avait été avancé de deux heures, à 19 h 30 (heure locale), pour s’adapter au couvre-feu en vigueur en Italie, qui commence à 22 h. Avant la pandémie, plusieurs milliers de croyants et de touristes obtenaient un précieux ticket pour assister à cette messe papale. Jeudi soir, la place Saint-Pierre, illuminée par son monumental arbre de Noël, était totalement déserte et sillonnée par une voiture de police. Les Italiens ont en effet entamé, jeudi, un confinement pour les fêtes, dans le pays le plus touché d’Europe par le virus, avec près de 71 000 morts et plus deux millions de personnes contaminées depuis le début de la pandémie.

Le pape François, qui vient de fêter ses 84 ans, a adressé son huitième message de Noël “Urbi et orbi” (“à la ville et au monde”), par vidéo à l’intérieur du palais apostolique, pour éviter qu’une foule ne se rassemble sur la place Saint-Pierre afin de l’apercevoir comme de coutume à une loggia. Il a insisté dans son traditionnel message du jour de Noël sur “le besoin de fraternité” à travers les continents en cette période de pandémie. “En ce moment historique, marqué par la crise écologique, et par de graves déséquilibres économiques et sociaux aggravés par la pandémie du coronavirus, nous avons plus que jamais besoin de fraternité”, a déclaré le souverain pontife. Il a appelé à une fraternité concrète, dépassant la famille, l’ethnie, la religion, la langue ou la culture. “Et cela est vrai aussi dans les relations entre les peuples et les nations”, a insisté Jorge Bergoglio.

Cet appel à la solidarité s’applique “spécialement envers les personnes les plus fragiles, les malades et toutes celles qui, en cette période, se sont retrouvées sans travail ou sont en grave difficulté en raison des conséquences économiques de la pandémie, comme aussi envers les femmes qui, durant ces mois de confinement, ont subi des violences domestiques”. Le rêve de fraternité face aux inégalités sociaux-économiques, souvent opposé au “dogme néolibéral”, constitue un thème phare de près de huit années du pontificat du pape François. Mais il est devenu particulièrement présent dans ses discours depuis le début de la pandémie du Covid-19, avec notamment la publication en octobre d’un long plaidoyer en ce sens, l’encyclique “Fratelli tutti” (tous frères).

Enfin, le pape a eu une pensée pour les difficiles retrouvailles en famille, l’occasion pour lui d’en magnifier l’importance. “Ma pensée va en ce moment aux familles: à celles qui aujourd’hui ne peuvent pas se réunir, comme aussi celles qui sont obligées de rester à la maison”, a-t-il confié à la fin de son message.
“Que Noël soit pour tous l’occasion de redécouvrir la famille comme berceau de vie et de foi ; lieu d’amour accueillant, de dialogue, de pardon, de solidarité fraternelle et de joie partagée, source de paix pour toute l’humanité”, a-t-il ajouté avant de souhaiter un “bon Noël à tous !”.

Dans son traditionnel tour d’horizon des conflits de la planète, suivi de la bénédiction “Urbi et Orbi” (à la ville et au monde), le pape a également exprimé l’espoir que Noël “soit propice à désamorcer les tensions dans tout le Moyen-Orient et en Méditerranée orientale”.
Les visages des enfants de Syrie, d’Irak ou du Yémen – qui “paient le prix fort de la guerre” – doivent “ébranler les consciences des hommes”, a plaidé vendredi SS.
Le pape avait annoncé récemment son intention de se rendre en Irak début mars, son premier voyage à l’étranger depuis le début de la pandémie, et une première historique pour un souverain pontife. Il a espéré vendredi “un réconfort au peuple irakien et à tous ceux qui sont engagés sur le chemin de la réconciliation, en particulier aux Yézidis durement touchés par les dernières années de guerre”.

En Égypte, l’Anba Ibrahim Ishaq, le patriarche copte catholique, a prononcé un sermon à l’occasion de Noël; Au cours de celle-ci, il a déclaré: «Ce soir, nous célébrons l’anniversaire du Seigneur Jésus-Christ, gloire à Lui, la Parole de Dieu qui est éternelle, qui est devenue humaine et a vécu parmi nous. La fête nous revient alors que l’anxiété, la peur et la confusion imprègnent encore notre monde, ce qui a affecté notre vie sociale et économique et nos relations humaines, en particulier dans nos familles et notre société. Notre célébration sera-t-elle donc aujourd’hui un défi comme au jour de la naissance du Christ, dans lequel l’alliance et l’espérance ont été renouvelées «et nous sommes nés de nouveau avec le Christ? Essayez de contempler ensemble ce que signifie la naissance. »

Il a poursuivi: «Premièrement: l’initiative de l’amour de Dieu pour le salut de l’humanité, Dieu est amour. C’est l’essence de notre foi chrétienne. Les événements de la naissance et de l’enfance sont un événement réel et ne sont pas des histoires amusantes. La grotte et la crèche font référence au grand événement, et c’est une invitation à la régénération et à la renaissance. N’est-ce pas là aussi le désir enfoui de l’homme, comme l’a exprimé saint Augustin: « Tu nous as créés, ô Dieu, et nos cœurs sont anxieux jusqu’à ce qu’ils reposent en toi.» Le chrétien est appelé à visiter la grotte pour recevoir le visage du nouveau-né et lui offrir son amour et sa pauvreté. Il ne le quitte pas à moins d’avoir porté l’Enfant-Jésus dans son cœur et dans son esprit au monde. Le patriarche a en en outre dit: « Noël est une joie et une responsabilité: quiconque accepte le Christ et le cherche est appelé à vivre dans la béatitude avec la création parce que nous sommes unis à lui. Nous devenons capables d’amour et de pardon, car la Nativité signifie une nouvelle naissance en Christ, une nouvelle pensée, un renouveau dans le cœur, le travail et les relations, ainsi que dans la parole, parce que la Nativité signifie initier la réconciliation et construire la paix. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu ».

Il a ajouté: « Aujourd’hui à travers nos paroles, le monde entend la voix de Jésus. Par nos actes, le monde comprend le soin de Dieu pour nous, et à travers notre amour les uns pour les autres, le monde croit que Dieu est amour. Sortons donc de nos ténèbres et exerçons les œuvres de lumière. Faisons des actes sérieux et réels les uns envers les autres, et nous prions pour que la Nativité devienne un cadeau d’amour, de dialogue et de paix, pour qu’elle soit une guérison pour les personnes qui souffrent et la sécurité pour les gens qui recherchent un avenir sûr. A quoi sert de parler du Dieu de l’amour si cet amour ne se matérialise pas en nous? C’est la grâce salvifique de Dieu qui a été révélée. Elle ravive le confort des cœurs, nous aide à redécouvrir notre rôle dans la société pour contribuer à la bonne nouvelle de la paix dans une atmosphère de peur et d’insécurité. C’est la grâce de Dieu qui nous aide à réaliser ce à quoi nous nous faisons écho dans la prière: «Que votre royaume vienne ».

Le patriarche de l’Église copte catholique a poursuivi: « Nous élevons nos prières unis avec Sa Sainteté le Pape François et avec nos frères les patriarches et évêques des Églises du monde entier, et de cette Église au nom de vous tous, nous adressons les plus sincères félicitations à tous ceux qui célèbrent la fête et à tout notre peuple égyptien et à tous les peuples qui prient pour la paix et le réconfort du monde et que Dieu remplisse nos cœurs de son amour ».

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