Noël en période du Coronavirus

21-12-2020 09:14 PM


La célébration de Noël cette année diffère de toutes les années passées. Les restrictions dues à la pandémie du Coronavirus atténuent les manifestations de ces festivités dans les églises, les places publiques et à domicile. Le Père Noël n’échappera pas à ces règles et devra porter un masque le séparant des enfants. Cependant, les chrétiens garderont le réconfort et l’espérance résultant de la Bonne Nouvelle de la naissance du Sauveur à Bethléem. C’est ainsi que le message de Noël du révérend Ioan Sauca, secrétaire général par intérim du Conseil œcuménique des Églises (COE), est consacré au moment historique difficile que vit l’humanité. Dans ce message, il s’est exprimé en ces termes :

« L’enfant dans la mangeoire, dans toute sa vulnérabilité, est une image de frêle espérance, le début d’une nouvelle histoire qui culminera avec le don de la vie et le salut par la mort et la résurrection de Jésus le Christ. Aujourd’hui comme hier, les raisons d’avoir peur et de vivre dans le désespoir sont nombreuses. Aux heures les plus sombres de l’histoire, les chrétien-ne-s ont maintes fois trouvé réconfort et espoir dans la bonne nouvelle de Jésus Christ, laquelle commence par la naissance du Sauveur à Bethléem.
La fête de Noël célébrée cette année dans les Églises et les familles sera tempérée par la distanciation physique et les autres restrictions qui s’imposent pour nous protéger les un-e-s les autres du coronavirus. Nous pleurerons les nombreux morts à travers le monde et exprimerons notre gratitude aux personnes qui soignent les malades avec dévouement et un grand courage.
La pandémie a déchiré le tissu social de toute part, entraînant un chômage de masse et même la famine, rompant nos interactions, révélant et exacerbant les inégalités, semant la discorde et le chaos, et menaçant les institutions de bonne gouvernance. Dans le même temps, la violence et la guerre persistent, détruisent les moyens de subsistance des populations qui comptent un plus grand nombre de réfugié-e-s et de migrant-e-s, et emportent la vie de tant d’hommes, de femmes et d’enfants.
Et pourtant, même en ces circonstances, la voix des anges raisonne dans les cieux, proclamant la naissance du Christ avec une grande joie. En tant que chrétien-ne-s, nous entrevoyons dans cet événement si singulier de la naissance de l’Enfant Jésus dans un village désolé à la marge de l’Empire romain, les fragiles prémices de notre propre rédemption.
En tant que croyant-e-s, nous savons que dans l’Incarnation du Seigneur, c’est Dieu, le Créateur et le Sustenteur de toute vie, qui se rapproche de nous, nous aime avec compassion, nous libère et nous accompagne. En tant que croyant-e-s, nous entrevoyons dans la naissance de Jésus, le « oui» de Dieu à la vie, et l’avènement d’un nouveau possible, d’une nouvelle vie qui triomphe de la mort et du désespoir. L’Incarnation, c’est le « oui » décisif de Dieu à l’humanité et à la création. Par l’Incarnation, Dieu se soucie de nous et nous élève, Il se donne lui-même pour s’identifier à nous, prendre chair afin que nous soyons à son image par la grâce.
Cette vision est reprise dans le thème de l’Assemblée du Conseil œcuménique des Églises à Karlsruhe, en Allemagne : « L’amour du Christ mène le monde à la réconciliation et à l’unité ». Encouragé et guidé par cette vision de l’Incarnation du Christ, je prie pour les fidèles et les responsables de nos Églises membres et toutes les personnes avec qui nous partageons cette planète, afin que la peur laisse place à la joie, et que cette année de tristesse, de solitude et de souffrance puisse apporter espérance, courage et amour au service de la justice et de la paix.
Dans un monde empreint de douleur et de mort, la fête de Noël nous permet de trouver du réconfort, de reprendre espoir, et d’entrevoir avec une foi profonde le triomphe de la vie et de l’amour dans la naissance de Jésus. C’est une bonne nouvelle, source de grande joie pour tout le peuple. C’est ainsi que, malgré tout, ensemble avec les anges, nous entonnons notre chant traditionnel : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés » (Luc 2,14).

Noël dans le monde

Dans ce contexte, celui qui récompense les enfants sages en fin d’année ne fera pas exception aux mesures sanitaires. C’est sous un masque que le traditionnel rire bienveillant du Père Noël retentira dans les espaces publics où il apparaît pour écouter les souhaits des enfants et leur distribuer des surprises.
Aussi magique soit-il, ce personnage d’un certain âge devra respecter les mesures d’hygiène pour limiter la propagation du virus. Les fêtes de fin d’année qui s’annoncent déjà très particulières compte tenu des restrictions du nombre de personnes en un même lieu vont l’être d’autant plus sans le sourire paternel du bonhomme barbu.

À Cadillac Fairview, une entreprise canadienne, les enfants pourront rendre visite au Père Noël moyennant une réservation en ligne faite en avance. Par-dessus sa longue barbe blanche, celui-ci portera un masque pour éviter toute contamination. Les petits ne pourront cette fois pas s’asseoir sur ses genoux afin de respecter les règles de distanciation.
Les gérants du magasin prendront la traditionnelle photo en jouant sur les perspectives pour donner l’illusion que l’enfant se trouve à côté du Père Noël, malgré les deux mètres de distance.
Comme pour les tables des restaurants encore ouverts, les lieux seront désinfectés après chaque rencontre.
Au Canada, encore, plusieurs centres commerciaux ont décidé de préserver la magie de Noël. Dans les magasins du Groupe Mach, les gérants adapteront leurs traditions à la pandémie. Le Père Noël se mettra au télétravail. Confortablement installé chez lui au pôle Nord, devant une webcam, il discutera avec les jeunes clients pour leur demander s’ils ont été sages cette année. Les enfants pourront lui faire part de leurs souhaits face à l’écran tandis que la conversation sera enregistrée et offerte à la famille en guise de souvenir. Pour chaque centre commercial de la chaîne, cet échange aura lieu dans des locaux avec un nombre de personnes restreint.

Aux États-Unis, les appels virtuels du père Noël sont devenus un bon moyen de divertir les familles, même si certains pères Noël continuent de se présenter physiquement derrière du plexiglas

De la France à la Norvège en passant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les autorités ont appelé à ne pas relâcher la garde malgré l’envie de se retrouver et de décompresser après une année éprouvante.

La Belgique est un des pays qui limite le plus le nombre de convives pour Noël : un invité par foyer, deux pour les personnes vivant seules. Le Luxembourg autorise deux invités. Pas plus de six adultes à table, demande la France.

Les Norvégiens assouplissent leurs restrictions pour les fêtes et permettent de se réunir à dix. « Il vous faudra improviser et peut-être allonger un peu la table », a déclaré la première ministre Erna Solberg, pour respecter la distanciation.

Au Royaume-Uni, les réunions familiales (trois foyers maximum) seront permises du 23 au 27 décembre. La reine Elizabeth II et son époux le prince Philip passeront exceptionnellement Noël au château de Windsor, et non en famille dans leur résidence de Sandringham.

L’Italie a adopté des règles très restrictives pour les déplacements, interdits entre régions du 21 décembre au 6 janvier et proscrits entre communes les 25 et 26 décembre.

L’Allemagne, qui avait déjà fermé restaurants, bars, lieux culturels et enceintes sportives, a fermé aussi les commerces non essentiels dès mercredi et interdit la vente d’alcool sur la voie publique, mettant fin aux stands de vin chaud.

En France, les commerces non essentiels ont rouvert, permettant de faire les emplettes de Noël, mais on ne pourra pas réveillonner au restaurant, ni au spectacle, fermés.

Le pape a avancé de deux heures la « messe de la nuit » de Noël pour s’adapter au couvre-feu italien. Comme pour Pâques, les fidèles ne seront pas invités aux messes de l’Avent et de Noël du pape François. Ils seront remplacés, sur la place Saint-Pierre-de-Rome par des santons. La messe de Noël de Bethléem (Cisjordanie) sera célébrée sans public. En Suisse, les chants sont interdits dans les églises pour Noël. La Grèce rouvre ses églises pour Noël et l’Épiphanie, avec neuf personnes maximum dans les églises, 25 dans les cathédrales. Les Autrichiens sont privés de marché de Noël.

Reste à espérer que les enfants puissent à nouveau apercevoir le sourire communicatif du Père Noël en 2021.

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