La gouvernance au temps des Pharaons

17-06-2020 08:07 AM


 

Durant les trente-cinq siècles de son existence, le pouvoir pharaonique s’est résolu à promouvoir la recherche de la prospérité, le partage des responsabilités et la résolution des conflits sur la base de l’équité. En tant qu’archétype du prêtre égyptien, Pharaon est le nécessaire intercesseur entre les vivants et les puissances surnaturelles que sont les Netjerou. Par le moyen de rituels magico-religieux exercés dans les temples, son rôle fondamental est d’organiser et de contrôler ces puissances invisibles pour le plein bénéfice de l’humanité égyptienne. Ce système s’augmente de la croyance en l’immortalité de l’essence humaine (Ka, ba, Akh) et du jeu de la Maât comme facteur de l’équilibre cosmique et social de la création. Dans l’iconographie, la Maât est personnifiée sous les traits d’une jeune femme avec une plume d’autruche comme insigne sur la tête. Elle représente l’ordre, la vie, la justice, la paix, la vérité, la prospérité. Son exact antagoniste est isefet ; le désordre, l’injustice, le chaos, le mensonge, la prévarication. Dès les Textes des pyramides, le rôle assigné à Pharaon est « d’amener la Maât et de repousser isefet18 ». L’action royale est par conséquent double ; d’une part gouverner et organiser le royaume avec rectitude et, d’autre part, combattre les forces hostiles source des plus flagrantes iniquités. Nombre de textes sapientiaux exposent les droits et devoirs de chacun selon les préceptes de la Maât. L’Enseignement de Ptahhotep, l’un des plus fameux, expose, tel un code de bonne conduite, le comportement idéal du dignitaire ; se conformer à la hiérarchie, se conduire de manière responsable en société et en privé, être ouvert aux aspirations des autres (riches ou pauvres) et juger équitablement dans la cour de justice. Ces mêmes textes insistent sur le fait que tout manquement à la Maât mérite un châtiment approprié.

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