Le Pape Tawadros au monastère Cassien à Marseille

24-10-2019 12:19 PM


 

Sa Sainteté le Pape Tawadros et la délégation qui l’accompagnait ont effectué une visite dimanche dernier au monastère Cassien à Marseille. Ils ont été reçus par l’archevêque Jean-Marc Evelyn et Son Excellence Hicham Maher, Consul général d’Égypte dans le sud de la France. Sa Sainteté le Pape et la délégation l’accompagnant ont reçu la bénédiction des reliques du saint se trouvant dans le monastère. “L’amour ne tombe jamais”, sont en outre les mots écrits par Sa Sainteté le Pape dans le registre des hôtes de marque du monastère.

Jean Cassien, prêtre, fondateur et abbé du célèbre monastère de Saint-Victor à Marseille, naquit vers 360 et mourut vers 435.

Il s’accoutuma dès sa jeunesse aux exercices de la vie ascétique, dans un monastère de Bethléem. La haute réputation de sainteté qu’avaient les solitaires des déserts de l’Egypte l’incita à aller les visiter en 390. Il fut accompagné par Germain, son parent et son compatriote. Frappés l’un et l’autre de beaux exemples de vertu qu’ils avaient sous les yeux, ils passèrent plusieurs années dans la solitude de Scété et dans la Thébaïde. Ils allaient nu-pieds comme les moines du pays, étaient pauvrement vêtus et n’avaient pour subsister que le travail de leurs mains. Leur vie était fort austère, et ils mangeaient à peine par jour deux pains de six onces chacun.

En 403 ils se rendirent tous deux à Constantinople, et y entendirent les instructions que faisaient saint Jean Chrysostome. Cassien fut ordonné diacre et employé au service de cette ville. Le saint archevêque ayant été exilé, Cassien et Germain allèrent à Rome. Ils étaient porteurs de lettres dans lesquelles le clergé de Constantinople prenait la défense de son pasteur persécuté. Cassien fut élevé au sacerdoce dans l’occident, après quoi il se retira à Marseille, où il fonda vers 413 deux monastères, l’un pour hommes, l’autre pour femmes.

A noter que Saint-Victor de Marseille est une très ancienne et illustre Abbaye de l’ordre de Saint-Benoît, double, comme il vient d’être dit. Celui des hommes fut bâti dans le lieu où était anciennement la confession. Celui des femmes fut consacré sous le titre de Saint-Sauveur. L’église du premier était appelée Basilique des apôtres Pierre et Paul. L’église inférieure, ou la petite église, était dédiée en l’honneur de la Sainte-Vierge et de Saint Jean-Baptiste.

Cet antique monastère après avoir été tour à tour dévasté par les Vandales, les Normands et les Sarrasins, fut reconstruit, vers l’an 1040, par les soins de Pons II, évêque de Marseille. On conservait dit-on, dans l’église inférieure, la croix de Saint-André, enchâssée d’abord dans du fer, puis dans de l’argent, qui avait été révélée par un ange au sacristain saint Hugues, après avoir été enfouie sous terre, près de la rivière de la Veaune par crainte des Sarrasins. Les rois de France, Pépin, Charlemagne, Louis le pieux et Lothaire, ainsi que les évêques et vicomtes de Marseille, enrichirent tour à tour l’abbaye de Saint-Victor de biens, de dignités et de privilèges. Mais sa principale gloire est d’avoir été la mère d’une multitude d’autres monastères, même hors des Gaules. L’observance régulière s’y étant maintenue florissante, les abbayes qui avaient besoin de réformes étaient soumises au régime des abbés de Saint-Victor. Aujourd’hui il reste encore de cette antique monastère une église et quelques autres débris que l’on contemple avec un religieux respect.

Ce fut dans le cloître que le bienheureux Cassien composa ses Conférences spirituelles et ses saints autres ouvrages.

Les ouvrages de Saint Jean Cassien comprennent le livre de l’Incarnation contre Nestorius qui fut écrit à la prière de saint Léon, archidiacre de Rome.

En plus de “Les institutions de la vie monastique”, en douze livres. L’auteur, dans les quatre premiers, parle des vêtements, des exercices et de la manière de vivre des moines, qui habitaient l’Egypte et qu’il proposait comme modèle aux moines d’occident. Ils portaient, dit-il, un habit pauvre qui ne servait qu’à cacher leur nudité. Les manches en étaient courtes et ne passaient point le coude. Leur vêtement était attaché avec une ceinture, et leur tête couverte d’un capuchon. Ils ne connaissaient point l’usage des souliers. Ils avaient seulement une espèce de sandales qu’ils quittaient lorsqu’ils s’approchaient de l’autel. Ils portaient tous un bâton à la main, pour se rappeler qu’ils étaient voyageurs sur la terre. Ils abandonnaient tout ce qu’ils pouvaient posséder dans le monde, travaillaient des mains, vivaient dans l’obéissance, récitaient l’office divin composé de psaumes et de leçons. Ceux qui voulaient être reçus dans un monastère, devaient donner des preuves de patience, d’humilité, de mépris pour le monde, et être éprouvés par les refus et les affronts. On ne permettait à aucun postulant de donner ses biens au monastère qu’il choisissait. La première chose qu’on lui enseignait était la nécessité de vaincre ses passions, de renoncer à sa propre volonté, et d’avoir une obéissance aveugle pour son supérieur. On lui inculquait encore l’obligation où il était de ne pas se prévaloir de ses talents et de son savoir, et de tout ce qui pouvait nourrir en lui un orgueil secret.

Cassien, après avoir dit que les jeunes moines ne vivaient que d’herbes bouillies et assaisonnées avec un peu de sel, ajoute que l’abstinence, et les austérités extraordinaires des moines orientaux dans la nourriture n’étaient point praticables en Occident.

Il traite dans les huit derniers livres des huit vices capitaux ; il en indique les remèdes et en indique les vertus contraires. Il montre que la chasteté ne peut s’obtenir que par une grâce spéciale de Dieu, et qu’on doit la demander par des prières ferventes, accompagnées de jeûnes et de veilles. S’il recommande un jeûne continuel, il veut que l’on y observe les règles de la modération. Il remarque que la vaine gloire est le dernier vice que nous vainquions, et qu’il prend occasion de la victoire même remportée sur lui pour renouveler ses assauts.

Dans ses conférences, Cassien a recueilli les maximes spirituelles des plus sages et expérimentés des moines égyptiens qu’il avait fréquentés. Il a écrit ces conférences entre 423 et 428. Il y développe la théologie ascétique suivante : la pureté ou simplicité du cœur est la seule façon de voir Dieu. Elle s’acquiert en quittant le monde, en renonçant à tous les biens et richesses, en renonçant à soi-même, en dégageant son cœur de toute affection désordonnée et en se détachant de tout ce qui est visible pour ne se consacrer qu’au divin. Ceci représente, selon Cassien, la perfection de l’état monastique.

Cassien mourut en odeur de sainteté, vers l’an 435. On voyait à Saint-Victor un ancien tableau qui le représentait. Sa tête et son bras droit, refermés dans des châsses, y étaient exposés à la vénération publique, en conséquence d’une permission accordée par le Pape Urbain V. Le reste de son corps était sous une tombe de marbre qui se voyait dans une chapelle souterraine.

Jusqu’à maintenant, les Moines d’Occident considèrent Cassien comme un des principaux maîtres de la Vie Monastique, qui ont permis à l’Occident de bénéficier de la riche expérience des premiers Moines d’Orient.
Jean Cassien est fêté le 23 Juillet à Marseille et dans l’Église universelle sauf en Orient où sa commémoration est faite le 29 Février.
Ses écrits restent très lus, notamment dans les Monastères d’Occident.
Il figure également au calendrier des Saints de l’Église Orthodoxe, où il est très estimé pour ses écrits et pour ses positions sur la grâce, dans lesquelles les Orthodoxes reconnaissent les positions traditionnellement enseignées par les Pères Orthodoxes.

 

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