Notre-Dame de Paris, témoin des grands événements de l’Histoire

18-04-2019 02:28 PM


Depuis sa construction, la cathédrale est l’un des grands symboles de Paris et de la France. Elle a accueilli en son cœur un grand nombres d’événements historiques qui ont marqué les esprits à jamais.

Le président français Emmanuel Macron s’est engagé à reconstruire la cathédrale Notre-Dame lundi à la suite d’un incendie qui a dévasté une grande partie de l’édifice gothique.

“Notre-Dame est notre histoire, notre littérature, une partie de notre psyché, le lieu de tous nos grands événements, nos épidémies, nos guerres, nos libérations, l’épicentre de nos vies”, a déclaré Macron aux journalistes.

A noter que le destin de Notre-Dame de Paris fut mouvementé dès la fin du Moyen Âge. À partir de la Renaissance ce fut un édifice qui ne parle plus. La Révolution française, y voyant un symbole du pouvoir, lui inflige des dommages importants. Au XIXe siècle, la restauration par Viollet-le-Duc lui rend sa splendeur lors d’une campagne de restauration qui reste controversée.

Avant même la fin de sa construction, vers 1350, la cathédrale Notre-Dame est utilisée comme le lieu de célébration de grands événements nationaux, qu’ils soient religieux ou politiques.
Dès le XIIIe siècle, Notre-Dame s’impose comme la première cathédrale de France, faisant du siège de l’évêché de Paris une sorte de capitale spirituelle française. Ainsi, un Te Deum (louange à Dieu) est-il donné en l’honneur de la victoire, le 27 juillet 1214, du roi capétien Philippe Auguste à Bouvines contre Jean sans Terre, duc d’Aquitaine, de Normandie et roi d’Angleterre. Philippe Auguste affirme ainsi son pouvoir militaire contre les ennemis de la France et renforce son autorité royale sur les seigneurs. La célébration de cette victoire à Notre-Dame lie de façon durable l’histoire nationale et l’édifice gothique. Louis XVI n’oublie pas cette dimension quand il fait prononcer un Veni Creator (hymne à l’Esprit créateur) dans la cathédrale pour l’ouverture des états généraux.

En 1801, la signature par Bonaparte et le pape Pie VII du concordat qui redéfinit la place de l’Église au sein de la nation, en reconnaissant la religion catholique comme “celle de la majorité des Français” (mais non comme “religion d’État”). Un Te Deum est célébré à Notre-Dame le 10 avril 1802 pour la proclamation de ce concordat.

Napoléon Bonaparte choisit la cathédrale de Notre-Dame de Paris pour être sacré empereur. Il rompt ainsi la tradition des rois de France qui allaient à Reims pour se faire couronner, mais privilégie néanmoins un lieu hautement symbolique. Loin de s’en arrêter là dans le bouleversement des traditions, il impose au pape de se couronner lui-même puis de couronner l’impératrice, moment représenté dans le célèbre tableau de Jacques-Louis David.

Pour l’occasion, l’édifice a été blanchi à la chaux, puis dissimulé sous des décors de Charles Percier et François-Léonard Fontaine. Les drapeaux d’Austerlitz ont été accrochés aux murs afin de masquer le pitoyable état de l’édifice. Mais il faut attendre les années 1830 pour que la nécessité de restaurer l’édifice soit prise en compte. Néanmoins, le climat reste à la méfiance vis-à-vis de la royauté : Notre-Dame est à nouveau prise comme cible par des émeutes anti-légitimistes en 1832. Mais un an auparavant, en 1831, la publication du roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo avait initié un mouvement de sensibilisation des Parisiens et des Français au destin de la cathédrale, joyau du patrimoine culturel national.

Publié en mars 1831, le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo devient assez rapidement un succès populaire. Dans le Paris médiéval du XVe siècle, il raconte l’histoire d’Esméralda, bohémienne accusée de meurtre, du bossu Quasimodo, sonneur des cloches de Notre-Dame, et de son tuteur Claude Frollo, archidiacre de la cathédrale.

Le succès du roman a une conséquence heureuse sur Notre-Dame. Alors que la cathédrale, malmenée au cours de la Révolution française, est en piteux état, les lecteurs redécouvrent un édifice d’exception et prennent conscience de la nécessité de le préserver et de le restaurer. Ce qui sera fait à partir de 1843, sous la supervision de deux architectes, Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Baptiste-Antoine Lassus.

Par ailleurs, quand il vint pour la première fois à Paris, le 30 mai 1980, lors de sa visite en France, le pape Jean Paul II se rendit à Notre-Dame de Paris et prononça une belle prière au pied de la statue de Notre Dame. Il revint une seconde fois, lors des JMJ de 1997, et béatifia Frédéric Ozanam le matin dans la cathédrale.

Cette cathédrale est avant tout un centre religieux. C’est là qu’est accueillie la Couronne d’épines attribuée au Christ, une relique chrétienne rapportée par le roi saint Louis après une croisade en 1248. Plus tard, la Sainte-Chapelle, joyau de l’architecture gothique, sera construite pour abriter cette relique.

Au-delà de cette dimension religieuse, la taille et la capacité à accueillir de larges foules dans sa nef font de Notre-Dame le lieu de célébration d’événements à caractère national. Les gravures et autres prospectus édités à l’occasion de ces célébrations nous renseignent sur le faste de ces événements. Les sacrements traditionnels pour des personnes de haut rang y sont organisés, comme les mariages princiers, les baptêmes ou encore que fut chanté un Magnificat lors de la libération de Paris le 26 août 1944 en présence du général de Gaulle. Des cérémonies religieuses y eurent lieu à la mort du général de Gaulle le 12 novembre 1970, de Georges Pompidou le 6 avril 1974, et de François Mitterrand le 11 janvier 1996.

Fondée en 1163, la cathédrale Notre-Dame de Paris a fêté son 850e anniversaire en 2013.

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