Rami Malek, “pharaon d’Hollywood”

02-03-2019 07:37 AM


Des médias égyptiens et des internautes ont célébré lundi dernier le “pharaon d’Hollywood” Rami Malek, l’acteur américain d’origine égyptienne ayant reçu la veille l’Oscar du meilleur acteur pour sa performance dans “Bohemian Rhapsody”. “La montée sur le trône du cinéma international” ou encore “Chasseur de récompenses” ont titré des médias. Rami Malek avait en effet déjà raflé un Golden Globe aux Etats-Unis et un BAFTA au Royaume-Uni pour son interprétation de Freddie Mercury, leader du groupe mythique Queen.

Rami Malek est devenu le premier acteur d’origine égyptienne à gagner un Oscar à Hollywood. Il est le deuxième après Omar Sharif (en 1963 pour Laurence d’Arabie) à avoir été nominé pour un Oscar du meilleur acteur, mais il est le premier égyptien à remporter le prestigieux prix. Même si Rami Malek est né à Los Angeles, en Californie; il est le fils d’un couple d’immigrants égyptiens, Nelly et Saïd Malek. Ses parents ont quitté Le Caire en 1978 après que son père, un guide touristique, a été fasciné par des touristes occidentaux. Son père est devenu par la suite assureur, tandis que sa mère a travaillé en tant que comptable. Rami Malek a été élevé dans la religion copte orthodoxe et a grandi en parlant l’arabe, à la maison, jusqu’à l’âge de 4 ans. Il a un frère jumeau, Sami Malek, qui est professeur à l’université du Michigan, et une sœur médecin urgentiste, prénommée Yasmine. Le cinéma égyptien possède de nombreux acteurs qui ont toujours rêvé de faire carrière à Hollywood.

Rami Malek s’est fait connaître, grâce à son rôle dans Mr. Robot où il incarne Elliot Alderson, en gagnant le Prime time Emmy Award du meilleur acteur dans une série télévisée dramatique en 2016. Il a été par la suite connu mondialement pour son rôle du chanteur Freddie Mercury, le chanteur du groupe Queen, dans le film Bohemian Rhapsody.

Le grand moment de la soirée concernant ce film est sans conteste la remise de l’Oscar du meilleur acteur. Celui-ci revient à Rami Malek, qui a fait bien plus qu’interpréter Freddie Mercury : il l’a incarné. “Je n’étais peut-être pas le choix le plus évident” a-t-il souligné, “mais visiblement ça a fonctionné”.

A l’annonce de son nom, l’acteur a longuement embrassé sa compagne Lucy Boynton qui interprète Mary Austin dans le film (le grand amour féminin de Freddie Mercury). Devant l’assemblée, il fait d’ailleurs une déclaration sans complexe : « tu es le cœur de ce film, tu as un talent inouï, merci, je t’aime ». D’amour, il en est question aussi lorsqu’il parle de sa mère… et de son père qui ne l’a pas vu participer à ce voyage.

“Ma mère est là quelque part”, a-t-il lancé d’une voie pleine d’émotion sous les applaudissements. “Je t’aime! A ma famille, merci pour tout ça. Vous savez, mon père n’a pu rien voir de tout ça. Mais je pense qu’il me regarde de là-haut en ce moment. C’est un moment énorme”, a-t-il ajouté. Et “merci à vous, Queen. Merci de m’avoir autorisé à jouer un tout petit rôle dans votre héritage extraordinaire. Je vous en suis redevable pour toujours”, a-t-il encore dit.

“Je pense à quoi ça aurait ressemblé de dire au petit Rami qu’un jour tout ça lui arriverait. Et je pense que son cerveau de petit garçon aux cheveux bouclés aurait explosé. Il avait du mal avec son identité, essayait de savoir qui il était. Et je pense à chaque personne qui a du mal avec son identité. Regardez, nous avons fait un film sur un homme gay, un migrant, qui a vécu sa vie en étant lui-même, sans peur et sans reproches”, a-t-il poursuivi.

“Le fait que je le célèbre et que je célèbre cette histoire avec vous ce soir est la preuve que nous avons besoin d’histoires comme celle-ci. Je suis le fils de migrants d’Egypte, un Américain de première génération”, a-t-il conclu fièrement sous les applaudissements.

“J’avais du mal à savoir qui j’étais. Ce film est pour tous ceux qui ressentent la même chose”, a-t-il dit.

Comme le veut la tradition des Oscars, il a remercié l’Académie, l’équipe du film, tous ceux qui ont cru en lui…

Encore très ému à sa sortie de scène, Rami Malek ne savait visiblement pas où mettre les pieds. L’acteur de 37 ans a fait une chute mais a tout fait pour garder sa statuette entre les mains. Relevé par les agents de sécurité et installé au premier rang, l’acteur a rapidement été pris en charge par une équipe médicale.

Heureusement, plus de peur que de mal. L’artiste a pu rejoindre ses copains lauréats pour la traditionnelle photo des vainqueurs.

Ce film décrivant la vie de Freddie Mercury qui a stupéfié le public est une série d’éclairs poignants dans la vie d’un génie créateur.

L’histoire de Mercury mérite d’être racontée et Malek a réussi à faire revivre cet interprète emblématique. Représentant l’énergie de Freddie, en particulier pendant les concerts (l’extraordinaire performance de Queen à Live Aid en tant qu’ouverture et clôture du film, en 1985), Malek a rendu le film impressionnant en raison de la transformation de Farrokh Bulsara, immigrant timide de Zanzibar, dans le film emblématique dont il est la principale force.

La performance de Malek rendait hommage à Freddie et, parallèlement, le riche personnage de Mercury provoquait les talents d’acteur de Malek. Il existait donc un intérêt mutuel.

A noter que Rami Saïd Malek, tout comme Freddie Mercury, est fils d’immigrés. “Je peux m’identifier à lui. Je suis un Américain de première génération et lui aussi était immigré. Il s’appelait Farrokh Bulsara. C’est très difficile, je pense, d’arriver dans un tout nouveau pays à cet âge et de commencer à s’intégrer”, a-t-il expliqué dans une interview.

Adolescent, le jeune Rami fréquente la Notre-Dame Highschool en même temps que Rachel Bilson (Newport Beach) et Kirsten Dunst (Spider-Man, Melancholia). Il est d’ailleurs dans le même cours de théâtre musical que cette dernière. Il est le seul de sa famille à s’être tourné vers le théâtre et le cinéma. Ses parents le voient avocat et l’encouragent à participer à une compétition de débats. Ses talents d’orateur sont vite remarqués par son professeur qui l’encourage, plutôt que de débattre sur le droit, à rejouer le “one-man show Zooman And The Sign”. “C’était un script de dix pages et je me souviens l’avoir joué devant un public. Mes parents sont venus et ils m’ont vu me transformer. Cela m’a touché et amené à réfléchir. Quelque chose de vraiment spécial s’est déroulé, une sorte de communication que je n’avais jamais eue avec eux et qui m’a ouvert les yeux sur les possibilités que pouvait m’offrir cette forme artistique”. Il part alors étudier le théâtre à l’Université d’Evansville (Indiana) dont il est diplômé en 2003.

La raison de voir Bohemian Rhapsody est la performance de bravoure de Rami Malek dans le rôle de Freddie Mercury, qui lui a valu le Golden Globe Award 2019. Il est difficile d’imaginer que quiconque puisse jouer le Mercury vraiment unique, avec ses pommettes saillantes, sa mâchoire sans fin et, bien sûr, ses dents.

Ressembler à Mercury est une chose, mais être capable de jouer comme lui en est une autre. Voyez Malek, qui joue Elliot Alderson dans la série télévisée Mr. Robot. Il ne ressemble pas exactement à Mercury, mais l’incarne de la tête aux pieds. Sa performance porte le film et est pleine de cœur même dans certains des moments les plus sombres de Mercury.

Sur scène, Malek est farfelu, séduisant et hypnotisant alors qu’il se débat et se prépare avec la confiance du vrai Mercury. Sa position angulaire et sa pression de voix ressortent de son cadre recouvert de fibre élastique comme une lumière brillante orientée vers le ciel. Et c’est comme Mercury sur scène.

Malek sait décrire à la fois la rock star et la personne. Dans les scènes entre Mercury et Mary Austin, son amie et partenaire la plus proche (interprétée par Lucy Boynton), vous voyez un côté vulnérable de Mercury, animé par une quête d’identité autant que par l’ambition.

Toujours humble, Rami Malek est un acteur discret qui a su tracer sa voie en silence à Hollywood.

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