La chaleur et la tendresse de Noël au Vatican

20-12-2018 10:45 AM


Le Pape François présidera la messe de la nuit de Noël en la basilique Saint-Pierre, demain le 24 décembre. Il donnera le lendemain, le 25 à midi, sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi, à la ville et au monde, depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre.

La célébration sera précédée du chant de la « Kalenda », un ancien texte qui annonce la naissance historique du Sauveur dans une récapitulation de l’attente universelle de l’Avènement du Seigneur.

Ce chant, anciennement prévu dans la célébration eucharistique de Noël, est désormais proposé par le Martyrologe romain le 24 décembre, en conclusion des laudes. Depuis 2008, au Vatican, la Kalenda se chante au dernier moment de la veillée, avant le début de la messe.

Le jour même de Noël, mardi 25 décembre, en direct de la loggia centrale de la basilique vaticane, à 12h, le Pape adressera son traditionnel message au monde : il donnera la bénédiction «Urbi et Orbi», qui confère l’indulgence plénière, aux conditions habituelles prévues par l’Église, notamment de confession et de communion sacramentelles, y compris pour ceux qui suivent la bénédiction à la télévision, à la radio ou sur Internet.

D’autre part, les bénéfices du traditionnel concert de Noël soutiendront deux camps de réfugiés, l’un à Palabeck (Ouganda) et l’autre à Erbil (Irak).

Tous les ans depuis 1993, un concert de Noël est organisé au Vatican. Cette année, pour sa 26e édition, l’événement musical soutiendra deux projets, visant à favoriser l’éducation des personnes réfugiées ou déplacées. Les deux missions ont d’ailleurs choisi un thème commun: ‘Faisons un réseau d’éducation’.

Le premier projet est porté par les ‘Missions don Bosco’ et cherche l’amélioration des conditions de vie des réfugiés de Palabeck à travers l’éducation des jeunes. Le second projet est soutenu par la Fondation pontificale Scholas Occurrentes, et veut développer l’éducation au sein des camps de déplacés d’Erbil.

Vu le nombre important de réfugiés dans le monde, il est nécessaire de réaliser des projets à long terme. Il ne suffit pas d’agir en cas d’urgence mais il faut des institutions concrètes pour construire un futur.

Des artistes du monde entier interpréteront des chants traditionnels de Noël mais aussi de tous genres, du rock à la pop, en passant par le jazz et le gospel. Parmi les artistes présents, les chanteurs Raphael Gualazzi et Edoardo Bennato, le grand flûtiste Andrea Griminelli ainsi que le célèbre chœur New direction Tennessee State Gospel Choir (Etats-Unis) animeront cette soirée musicale.

Comme chaque année, le concert sera retransmis par la chaîne italienne de télévision Canale 5 le 24 décembre 2018.

Le concert de Noël au Vatican avait été à nouveau enregistré cette année le 15 décembre dans la salle Paul VI. Les représentations en direct étaient accompagnées par l’orchestre symphonique dirigé par le maestro Renato Serio.

Dans ce cadre, le Pape François a reçu le vendredi 14 décembre au Vatican les artistes qui ont animé le traditionnel concert de Noël de bienfaisance, qui a eu lieu en la Salle Paul VI.

Il était organisé par la Congrégation pour l’Éducation catholique. Des migrants et des personnes sans-abri y ont été aussi invités.

Le Pape a exhorté les artistes à continuer de tisser des réseaux de solidarité pour mieux coordonner la réponse à leur apporter efficacement, notamment grâce à leur contribution: « Depuis toujours, la mission de l’Église s’est manifestée aussi par la créativité et le génie des artistes, parce que grâce à leurs œuvres, ils réussissent à rejoindre les aspects les plus intimes de la conscience ».

Pour le Pape, Noël constitue en effet une occasion de « réfléchir à la situation de nombreux hommes, de femmes et d’enfants d’aujourd’hui qui sont migrants, déplacés et réfugiés, pour fuir les guerres, les misères causées par les injustices sociales et par les changements climatiques: pour tout laisser, maison, famille, patrie, il faut avoir souffert d’une situation très pesante! »

Le Pape a souligné comment, de façon analogique, Jésus Christ, le Verbe de Dieu, a lui aussi accepté de « venir habiter au milieu de nous, au milieu de nos limites et de nos péchés, pour nous donner l’amour de la Très Sainte Trinité. Et en tant qu’homme, il nous a montré la voie de l’amour : le service, fait avec humilité, jusqu’à donner la vie».

Ensuite, l’Enfant Jésus « né loin de sa maison » a dû également « fuir la colère d’Hérode »: le Pape a rappelé « que la moitié des réfugiés d’aujourd’hui, dans le monde, sont des enfants, victimes innocentes des injustices humaines ».

Il a salué les « nombreuses initiatives de solidarité et d’assistance, d’hospitalité et d’accueil », par lesquelles l’Eglise leur vient en aide.

Par ailleurs, pour Noël 2018, la Cité du Vatican innove. Le 7 décembre, le Pape François a inauguré la crèche de la Nativité, place Saint-Pierre. Une crèche pas tout à fait comme les précédentes. Car en 2018, elle est entièrement fabriquée en sable. Cette réalisation s’inspire des traditionnelles sculptures de sable de Jesolo, dont l’origine se situe dans les Dolomites. Il s’agit d’une première pour le Vatican qui fait évoluer le décor de sa crèche emblématique, chaque année.
L’œuvre monumentale occupe une surface de 25 mètres carrés. Le bas-relief mesure 16 mètres de long sur 5 mètres de haut et 7 mètres de profondeur. Démarré le 17 novembre 2018, le chantier a nécessité le transport de 700 tonnes de sable et l’installation d’une sorte de toit. Une structure rendue obligatoire pour protéger la crèche des intempéries sans pour autant gêner la visibilité de la scène de la Nativité pour les visiteurs.

Quatre artistes internationaux, américain, néerlandais, russe et tchèque, ont travaillé à la réalisation de la crèche de Noël 2018, à Rome. Le sable, lui, provient de la ville balnéaire de Jesolo, en Vénétie, à deux pas de Venise. Ainsi, la « Nativité sur le sable » tranche avec la représentation traditionnelle de la naissance de Jésus. C’est le patriarche de Venise qui a eu cette idée. Elle a nécessité un an de travail de préparation.
Il devrait y avoir foule pour l’inauguration de la crèche de Noël 2018 et l’autre événement au programme. Il s’agit de l’illumination du sapin de Noël géant, présent sur la place Saint-Pierre depuis le 22 novembre dernier. À noter, enfin, que la Vénétie est doublement à l’honneur en ce Noël 2018, à Rome. Car le majestueux épicéa de 21 mètres de haut arrive tout droit d’une forêt de la région du Frioul-Vénétie-Giulia.

D’autre part, pour sa 43ème édition, la fameuse exposition des crèches de Noël change d’adresse. En effet, elle quitte la piazza del Popolo où elle est restée de très longues années. Sa nouvelle adresse se situe via della Conciliazione, l’artère principale menant à la place et la basilique Saint-Pierre. Désormais installée dans la Sala San Pio X, l’exposition « 100 Presepi » entame une nouvelle vie.
Pour Noël 2018, elle change de nom et devient « 100 Presepi au Vatican ». Comme chaque année, elle présentera près de 200 crèches, dont beaucoup encore jamais exposées à Rome. Plusieurs fois récompensée par de prestigieux prix en Italie, l’exposition fait la part belle à tous les styles. Les œuvres viennent de toute l’Italie mais aussi des cinq continents pour une cinquantaine d’entre elles. Une sorte de véritable festival de crèches, vraiment unique au monde.

Il y a une variété de crèches inédite. Toutes celles qui sont miniatures sont remarquables de finesse. La taille de celles grandeur nature est impressionnante. Certaines utilisent de l’argent ou du corail, d’autres sont en verre ou en porcelaine, en bois ou en papier mâché, en bronze parfois.

À côté de ces trésors d’inventivité, on peut aussi admirer les crèches traditionnelles. Certaines datent du XVIIème siècle, les fameuses napolitaines et siciliennes du XVIIIème siècle et les fabrications typiquement romaines du XIXème siècle. Et toutes sont magnifiques !

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