Tombée perpendiculaire du soleil sur le visage du roi Ramsès

25-10-2018 12:19 PM


Lundi dernier, les rayons du soleil ont illuminé le visage de la statue du roi Ramsès II dans le temple d’Abou Simbel, au sud d’Assouan, pendant 20 minutes, dans un phénomène unique qui a lieu deux fois par an. Pendant la majeure partie de l’année, le sanctuaire intérieur du temple principal à Abou Simbel est plongé dans les ténèbres. Le phénomène a commencé à 5h55 et s’est poursuivi pendant près de 20 minutes. Sous la conduite des ministres Rania el Machate du Tourisme, Khaled el Anani des Antiquités, Inas Abdel Dayem de la Culture et Ghada Wali de la Solidarité sociale, le gouverneur d’Assouan,Ahmed Ibrahim, plus de 3 000 touristes et Egyptiens se sont rassemblés au temple d’Abou Simbel pour observer l’alignement perpendiculaire des rayons du soleil sur le visage du roi Ramsès II. Ils étaient accompagnés de 26 ambassadeurs, dont des diplomates de Jordanie, des Émirats arabes unis, de Belgique, de Lituanie, d’Allemagne, de Finlande, d’Argentine, d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, de Suède, de Hongrie et de Bahreïn. Des conseillers culturels espagnols et chinois étaient présents aux côtés des conseillers de la culture arabes, ainsi que de nombreux parlementaires et une délégation de l’Unesco et des instituts d’archéologie.

Il est à noter que ce phénomène coïncide cette année 20018 avec la célébration du jubilé d’or de la restauration et du déménagement des temples d’Abou Simbel en septembre 1968.

Le ministère des Antiquités a remis aux participants des cadeaux-souvenirs pour célébrer le 200e anniversaire de la découverte des temples d’Abou Simbel. Les souvenirs distribués étaient des tasses, des porte-clés et des chemises portant une image du roi Ramsès II avec le logo du ministère et de l’UNESCO.

Ramsès II a orienté son temple à Abou Simbel de manière à ce que le sanctuaire intérieur (naos) ne laisse pénétrer les rayons du soleil que deux fois par an : le 22 février pour son anniversaire, et le 22 octobre pour commémorer son accession au trône.
Au petit matin, les statues de Ramsès II et des dieux Rê-Horakhty et Amon, dans une pièce au fond du temple, sont alors éclairées par le soleil qui les « régénère ». Seule celle de Ptah, le dieu des Ténèbres, reste dans l’ombre.
La combinaison des prouesses humaines et d’un phénomène naturel provoque une vision des plus spectaculaires. Ce phénomène insolite, dû au génie des architectes de l’Égypte ancienne, donne lieu chaque année à une grande fête sur ce site exceptionnel : musique, danse, etc.

Le complexe de temples d’Abou Simbel est l’un des bâtiments monumentaux les plus populaires d’Assouan, situé à la deuxième cataracte du Nil.

Le temple, sculpté dans une falaise de grès sur la rive ouest du Nil, a été découvert à deux reprises. Il a été découvert en 1813 par le chercheur suisse Johann Ludwig Burckhardt, puis redécouvert en 1817 par l’égyptologue Giovanni Battista.

À l’entrée du temple d’Abou Simbel, il y a deux statues assises du pharaon, montrant le souverain avec un kilt court, une belle coiffe qui est une double couronne avec un cobra et une fausse barbe. À côté des jambes des statues se trouvent des statues plus petites des parents du pharaon. Une rangée de 22 statues de babouins accroupis est placée au sommet du temple. On croyait que le cri du babouin accueillait le soleil levant.

À l’intérieur du temple, des images et des hiéroglyphes décrivent la victoire de Ramsès II à la bataille de Qadesh, en plus de salles d’entrepôt vides.

Selon de nombreux spécialistes, ce grand temple a été créé pour célébrer la victoire de Ramsès II sur les Hittites à la bataille de Qadesh en 1274 av. J. C. Cela signifie que le temple était situé à la frontière des terres conquises de la Nubie après de nombreuses campagnes militaires menées par le Pharaon contre la Nubie.

Abou Simbel est composé de deux temples. Le plus petit a été construit pour la reine Néfertari et possède deux statues et quatre pharaons; chacune d’environ 33 pieds (10 mètres) de hauteur.

Ramsès II a construit ce temple pour impressionner les voisins du sud de l’Égypte et renforcer le statut de la religion égyptienne dans la région. Abou Simbel était l’un des six temples rupestres érigés en Nubie pendant la période au pouvoir de Ramsès II. Sa construction a duré 20 ans, de 1264 à 1244 av. J. C.

Il est bon de savoir qu’il y a cinquante ans, le 22 septembre 1968, s’achevait le déplacement des temples d’Abou Simbel, dans le sud de l’Egypte, pour éviter leur inondation par le Nil, l’une des plus grandes opérations de sauvetage archéologique pilotée par l’Unesco.

Une vingtaine de monuments gigantesques avaient alors été démontés et réédifiés à l’abri des eaux dans le cadre de la “Campagne de Nubie”, une vaste entreprise de sauvegarde de sites archéologiques en amont du Nil qui avait monopolisé de très nombreux archéologues.

Les deux temples d’Abou Simbel, taillés dans le rocher sur une colline surplombant le Nil, en Haute-Egypte, ont été construits par Ramsès II, qui régna sur l’Egypte de 1298 à 1235 avant J.C. et dédiés à Osiris et Isis.

Le plus grand, derrière sa façade de 32 mètres de haut ornée de quatre statues colossales du pharaon, qui le représentent assis, s’enfonce en une enfilade de salles et de galeries sur 63 mètres de profondeur.

Abou Simbel constitue l’un des joyaux de l’ancienne Nubie, dont les frontières s’étendaient le long du Nil, partageant son territoire entre l’Égypte et le Soudan actuels.

Dans les années 1950, l’Egypte vit la révolution nassérienne. Le projet de Haut barrage d’Assouan est lancé par Gamal Abdel Nasser pour fournir l’énergie électrique indispensable à la région, augmenter les surfaces cultivables et réduire les crues du Nil.

Mais le projet fait peser des menaces sur les monuments de Nubie, puisque sa mise en œuvre doit entraîner la formation d’un immense lac artificiel, le lac Nasser.

De nombreux temples et chapelles pharaoniques et gréco-romains, dont les temples d’Abou Simbel, sont menacés d’être définitivement engloutis.

En mars 1960, l’Unesco lance un appel pour sauver les temples. Plusieurs projets sont proposés, tel le projet français consistant à enfermer les temples, intacts, dans une sorte de cuve de béton flottante. Mais trop coûteux, ils sont vite abandonnés.

Finalement, c’est la proposition suédo-égyptienne qui est retenue.

Commencée le 1er avril 1964 par la construction d’un batardeau pour protéger le chantier contre la montée des eaux, l’opération se poursuit par l’excavation de la falaise autour des deux temples. Abou Simbel est découpé en 1.035 blocs pesant chacun de 20 à 30 tonnes. Les quatre colosses assis et les six autres debout sont sciés en morceaux.

Des vérins, des grues, des treuils d’une exceptionnelle puissance sont utilisés pour élever ces énormes masses jusqu’à 64 mètres de hauteur et regrouper les blocs de façon à reconstituer exactement les deux temples au sommet de la falaise.

Des collines artificielles sont ensuite construites pour entourer et coiffer les sanctuaires.

Le 22 septembre 1968, une cérémonie officielle marque la fin de la campagne de sauvetage d’Abou Simbel. Le lac Nasser recouvre entièrement l’ancien emplacement.

Huit cents ouvriers et une centaine de techniciens ont travaillé quatre ans, en plein désert, sous un soleil de feu. L’opération, à laquelle ont collaboré une cinquantaine de pays, a coûté 36 millions de dollars.

“C’est la première fois qu’un mouvement de coopération internationale de cette ampleur se déploie dans le domaine de la culture”, avait alors déclaré le directeur général de l’Unesco, René Maheu.

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