Le Pape Tawadros lance la projection du film “Saint Abou Nofer »

14-06-2018 11:35 AM

Marina el-Qes Barsoum


Sa Sainteté le Pape Tawadros II, Pape d’Alexandrie et Patriarche de la Prédication de Saint-Marc, a assisté mardi dernier 12 juin à la projection en première du film « Abou Nofer l’anachorète », réalisé par Joseph Nabil, au théâtre de l’Anba Roweis de la cathédrale Saint-Marc à Abbassia.

Le Pape a tenu à assister à la présentation, montrant la croyance de l’Eglise dans le message de l’œuvre artistique et dramatique dans la formation du caractère copte, sachant que le film incarne le cas monastique unique d’Abou Nofer.

A cette occasion, Sa Sainteté a souligné le concept du monachisme, en expliquant que c’est l’essence de l’Eglise qui a grandi au sein de l’Egypte et s’est déplacée vers le monde s’élevant graduellement dans sa taille et ses types, où l’on trouve le moine ascète, l’ermite et l’anachorète. Abou Nofer était l’un des pères anachorètes les plus importants de l’Eglise copte orthodoxe qui ont raffermi la foi de l’Eglise grâce à leurs prières.

Le Pape Tawadros a évoqué le rôle de la technologie qui a réalisé un saut historique du IVe siècle après JC, du temps d’Abou Nofer, de sorte à être compatible avec cette évolution dans notre temps par la pureté et la qualité d’image dans le drame du film avec la musique floristique et l’intrigue à travers le scénario et le dialogue, dans la vision particulière présentée par le réalisateur Joseph Nabil.

Au terme de son allocution, le Pape a remercié les religieuses du couvent du prince Tadros Al-Chatby à Haret el-Roum qui sont désireuses de mettre en valeur la biographie d’Abou Nofer.

Le spectacle a vu la présence d’un certain nombre d’évêques et de prêtres, ainsi que les artistes héros du film et un certain nombre de personnalités et leaders de l’opinion publique et des médias en Egypte “.

La cérémonie comprenait un certain nombre de spectacles artistiques avant le début de la projection.

Le film est produit par le couvent des Sœurs du prince Tadros Al-Chatby à Haret el-Roum au Caire, et parle de la vie d’un des saints du IVe siècle après JC, Abou Nofer l’anachorète, patron du monastère et propriétaire du sanctuaire situé au siège du couvent, qui contient l’eau de puits, où il s’abreuvait pendant la période de sa vie au même endroit.

Le film met en vedette l’artiste Ihab Sobhi, qui incarne Saint-Abou Nofer, avec la participation des artistes Samir Fahmy, Maher Labib, Gamil Barsoum, Assem Sami et Sherry Magdi.

Ont également participé à l’ouvrage un groupe d’artistes comprenant le producteur artistique Michael Mourad, le directeur de la photographie, Michael Georgy, le directeur du montage Samer Madi, le directeur artistique Kamal Magdi, le coloriste, Kamal Rouchdi, la conceptrice des vêtements et styliste Mariam Nabil.

Le script a été révisé historiquement par Nachaat Zoqloma.

Les cantiques ont été chantés par le révérend Moussa Rouhdi, curé de l’église de Saint-Antoine à Brotherham, en Angleterre, la rédaction des poèmes est de Bassem Samir, et la musique est composée par le Maestro Emmanuel Saad, Scénario et dialogues de l’écrivain Sami Fawzi, réalisation exécutive par Maureen Magdi, et mis en scène par Joseph Nabil.

A la clôture de la cérémonie, le Pape a honoré les cinéastes ayant participé à l’œuvre artistique.

Il est bon de savoir qu’Abou Nofer fut l’un des Pères du Désert qui fit une grande impression sur la spiritualité orientale aux IIIe et IVe siècles, à l’époque où le christianisme apparaissait comme la religion dominante de l’Empire romain. A cette époque, beaucoup de chrétiens ont été inspirés à sortir dans le désert et à vivre dans la prière dans un environnement hostile de chaleur et de froid extrême, avec peu à manger et à boire, entourés de toutes sortes d’animaux dangereux et de voleurs.

Ermite pendant 70 ans dans le désert près de Thèbes, en Haute Egypte, il chercha à imiter la solitude et les privations de saint Jean-Baptiste et vécut des fruits d’un arbre dattier qui poussait près de sa cellule. Populaire au Moyen Âge, d’abord avec les moines puis en général, il s’associe aux tisserands parce qu’il est représenté «vêtu seulement de ses propres cheveux abondants et d’un pagne de feuilles».

Le nom Abou Nofer est considéré comme une forme hellénisée d’un nom copte Ounnoufer, en fin de compte de l’égyptien: wnn-nfr signifiant «parfait», ou «celui qui est continuellement bon», une épithète du dieu Osiris.

Abou Nofer avait étudié la jurisprudence et la philosophie avant de devenir un moine près de Thèbes et alors un ermite.

La vie d’Abou Nofer correspond au moule d’innombrables ermites ou anachorètes du désert… Cependant, les années de la jeunesse d’Abou Nofer ont été passées dans un monastère qui observait la règle du silence strict, une biche l’instruisait dans les rites et la liturgie chrétienne: pendant ses soixante ans dans le désert, le seul visiteur d’Abou Nofer était un ange qui livrait une hostie tous les dimanches.

Saint Abou Nofer a prospéré au quatrième siècle, d’abord dans le cénobial près de Hermopolis de Thèbes en Egypte, et plus tard comme solitaire dans le désert, où il a été découvert par Saint Paphnouté. Quand Paphnouté l’a rencontré pour la première fois au fond du désert, il a été effrayé par l’apparition du Saint, le voyant couvert de poils comme une bête sauvage et nu, à l’exception d’un vêtement cousu de feuilles couvrant ses reins. Après avoir raconté sa vie et les conflits amers qu’il avait endurés comme ermite, Abou Nofer dit à Paphnouté qu’il allait mourir, et que Paphnouté avait été envoyé pour l’enterrer.

Saint Paphnouté voulait y rester après la mort de l’Anba Abou Nofer. Cependant, le saint ascète lui a dit que ce n’était pas la volonté de Dieu de rester là, il devait plutôt retourner dans son propre monastère et parler à tout le monde de la vie vertueuse des habitants du désert. Après avoir béni l’Anba Paphnouté et lui avoir fait ses adieux, Saint Abou Nofer a prié avec des larmes et des soupirs, puis il s’est couché sur la terre, prononçant ses dernières paroles: «Entre tes mains, mon Dieu, je remets mon esprit».

Saint Paphnouté a pleuré et a arraché une partie de son vêtement, et avec elle a couvert le corps du grand ascète. Il le plaça dans la crevasse d’un gros rocher creux comme une tombe, et le recouvrit d’une multitude de petites pierres. Saint Paphnouté voulut demeurer à cet emplacement mais le palmier chuta, la source se tarit et la grotte s’est effondrée. Alors, il sut que Dieu voulait qu’il rentre à son monastère et il retrouva sa cellule dans la paix. Il rédigea la vie de saint Abou Nofer pour l’édification de nombreuses générations.

C’est pourquoi Abou Nofer est fort dans son intercession et un cantique lui est dédié en ces termes : « Tu as été un citoyen du désert, un ange dans la chair et un faiseur de merveilles, O Abou Nofer, notre Père qui porte Dieu. Par le jeûne, la veillée et la prière, tu as obtenu des dons célestes, et tu guéris les malades et les âmes de ceux qui ont recours à toi avec foi. Gloire à Celui qui t’a donné la force. Gloire à Celui qui t’a couronné. Gloire à celui qui opère des guérisons pour tous à travers toi.

Pour les moines, tu as été une grande et brillante étoile, éclairant le monde comme une lumière qui brille dans la nuit; et tu es en état d’ascétisme aussi brillant que le soleil. Par conséquent, O Père Abou Nofer, ne cesse pas d’intercéder en notre faveur ».

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