Abdel-Rahman al-Charqawi honoré au Salon international du livre du Caire

04-02-2018 07:46 PM


La ministre de la Culture Inas Abdel-Dayem, a coprésidé, aux côtés de son homologue algérien, Azzedine Mihoubi, la cérémonie d’ouverture du 49e Salon international du livre du Caire qui se déroule jusqu’au 10 février. dont l’Algérie est l’invitée d’honneur
27 pays, dont 17 États arabes, participent au Salon qui se tient au Parc des expositions internationales du Caire.
Le président du Salon du livre du Caire, Haythem El-Hadj Ali, a souligné que le choix de l’Algérie était l’occasion de « construire des ponts entre les deux cultures ».
L’édition de cette année rend hommage à l’écrivain égyptien Abdel-Rahman al-Charqawi disparu en 1987. Charqawi est un vrai modèle de « soft power », le thème de l’édition actuelle du Salon du livre.
Né en 1920 au nord du Caire (Ménoufiya), et décédé en 1987. Charqawi est l’un des créateurs du roman arabe moderne. Il étudie à la faculté de droit avant de travailler dans le journalisme. Il atteint la célébrité avec son premier roman “Al-Ard” (la terre, 1954) considéré comme un classique de la littérature arabe moderne. Dans un style réaliste, il dépeint la vie ardue des paysans d’un village du Delta du Nil et leurs démêlés avec les autorités qui veulent construire une route qui charcuterait leurs terres.
Dans l’Egypte des années 1930, les paysans d’un village du Delta luttent contre l’exploitation et la tyrannie. Leur combat les oppose au Pacha et à Mahmoud Bey, grands propriétaires terriens liés au gouvernement du Parti du Peuple qui sert les intérêts des Anglais. Malgré les querelles et les jalousies qui les divisent en temps ordinaire, les villageois s’unissent pour défendre leurs parcelles que doit traverser une route vicinale. Pour satisfaire un caprice du Pacha, qui veut faire construire une route passant devant son palais, les petits propriétaires sont menacés d’expropriation. Wassifa et Abdel-Hadi sont les deux figures de ruraux qui émergent de la masse des fellahs. D’autres personnages complètent la fresque pleine de vie que le romancier peint avec finesse. Grâce à l’humour et à la fraîcheur des dialogues, les ruraux ne sont pas des êtres passifs noyés dans le paysage mais des sujets qui ne cessent de se battre pour modifier le cours des événements. Dans ce roman, la terre est un personnage à part entière. Traduit en plusieurs langues, Al-Ard a fait l’objet d’une célèbre adaptation cinématographique par Youssef Chahine et Daoud Abdel Sayed
A noter qu’Abdel-Rahman Al-Charqawi est l’un des premiers intellectuels égyptiens à utiliser la tribune que lui offre le journalisme pour diffuser ses idées, prêchant en faveur de la démocratie et de l’égalité entre citoyens.
Il accueille favorablement la révolution qui met un terme à la monarchie égyptienne en 1952. Il se tourne ensuite vers le théâtre, écrivant certaines des premières pièces du répertoire égyptien à utiliser une langue moderne et proche de la langue parlée, bien que toujours en vers. Parmi ses pièces les plus célèbres “Maassah gamila” (un beau désastre, 1962) et ce, dans un parcours, où il continue d’exercer une influence importante sur la vie intellectuelle de son pays jusqu’à sa mort. Il écrit également plusieurs essais sur des questions religieuses.
Il a été récompensé par plusieurs prix. En 1979, il est l’un des lauréats du prix Lénine pour la paix, en reconnaissance de la veine réaliste socialiste de son roman le plus célèbre.

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