Syrian Expat Philharmonic Orchestra pour la première fois en France

09-12-2017 02:47 PM


Syrian Expat Philharmonic Orchestra pour la première fois en France

Depuis maintenant six ans, la guerre en Syrie plonge le pays dans le chaos. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes ont quitté le pays, et parmi eux des musiciens des plus talentueux. Grâce à l’initiative d’un homme, ils unissent leurs talents et jouent ensemble à travers toute l’Europe. L’orchestre composé de musiciens syriens expatriés en Europe, aux Etats-Unis ou au Canada s’est produit pour la première fois en France. Le concert a été tenu samedi 2 décembre au Centre d’art et de culture de Meudon, à côté de Paris.

Les musiciens ont présenté ensemble les œuvres classiques devant le public : une série d’œuvres classiques de Richard Strauss, Claude Debussy ou Gabriel Fauré, mais aussi de la musique syrienne contemporaine, notamment deux morceaux signés Suad Bushnaq, compositrice de 35 ans, dont “Road to Jenin”.
La jeune femme a fait le déplacement depuis Toronto (Canada), où elle vit.
Elle se rappelle avec émotion de ses quatre années passées au Conservatoire de Damas, la capitale syrienne, au début des années 2000. Il y avait notamment un festival de jazz sur les remparts de la citadelle. Cet orchestre d’expatriés, c’est leur Syrie.
Tout ce qu’on voit dans les médias, ce sont des gens qui meurent, du sang, des problèmes et pour eux, ce n’est pas la Syrie qu’ils ont vécue.
Suad Bushnaq tient à se rappeler de la Syrie d’avant-guerre, sa Syrie. L’orchestre est totalement apolitique. C’est comme de l’air frais.
Cet orchestre est comme une respiration et quelque part une façon de refuser l’horreur. Faire de la musique, c’est un genre de résistance.
Selon France info, quand on fait la beauté, c’est un genre de résistance contre tout ce qui n’est pas beau, tout ce qui va détruire la vie. C’est une façon de dire : ‘nous sommes vivants, on va continuer”.’
Raed Jazbeh, joueur de contrebasse, approuve. Avant, il vivait à Alep dans le nord de la Syrie. Il habite désormais à Brême, en Allemagne, et c’est lui qui a eu l’idée, il y a deux ans, de former cet orchestre. Selon lui, il faut “continuer” pour les Syriens qui vivent encore dans des ruines ou dans des camps, ceux qui n’ont pas eu de chance. Il a d’ailleurs des retours encourageants de ses compatriotes.
“Ils leur disent : ‘continuez, on ne peut pas aller à vos concerts, mais s’il vous plaît continuez, on est fiers de vous’. C’est pour eux qu’ils doivent faire ça, même s’ils n’ont pas le budget, même s’ils ne jouent pas toujours dans les meilleures conditions…
Le contrebassiste Raed Jazbeh est le fondateur de l’orchestre, pour lui cet orchestre représente beaucoup. Ils ont tous perdu beaucoup, famille, amis, maison et instruments ! Cet orchestre leur rend de l’espoir. Ils peuvent continuer leur vie et accomplir leur travail au sein de l’orchestre symphonique. Le profil de Raed Jazbeh est un peu différent des autres réfugiés. Il est originaire d’Alep, en août 2013, il est venu en Allemagne. Il a reçu un visa de voyage pour jouer à l’orchestre de Berlin. Maintenant, il vit à Berlin et a décidé d’y rester.
Pour lui, l’orchestre tend à donner une autre image du réfugié. “Il a créé cet orchestre pour plusieurs raisons. Il a contacté par Facebook les musiciens syriens. Ils ont choisi le terme d’expatriés et non de réfugiés. Les médias ne montrent que le sang, le conflit et la guerre. Ils voulaient exposer une autre image de la Syrie. Une image de musique, d’art et d’amour. Ils sont l’inverse de ce qu’on le pense d’eux. Ils ne sont pas des hommes dangereux, seulement des musiciens. Ils sont comme chaque humain et veulent transmettre ce message à travers le monde.
Par ailleurs, la soprano Rasha Rizk est l’une des chanteuses d’opéra les plus connues de Syrie. Comme des millions d’autres Syriens, elle a fui la guerre dans son pays d’origine. Elle fait partie des dizaines de milliers de Syriens qui ont trouvé une nouvelle vie en Allemagne, où l’orchestre philharmonique Expat syrien est né.
Tous les membres ont une formation classique, la plupart à l’Institut Supérieur de Musique de Damas.
Ce groupe de musiciens venu de Syrie a traversé l’Europe. Après Bruxelles, ils sont partis pour la Grèce, et ont tourné dans toute l’Allemagne. Ils voulaient surtout affirmer que la musique peut faire oublier les images atroces de la guerre. Ils ont besoin d’unité après les difficultés traversées. Ils avancent petit à petit, c’est tout ce qu’ils peuvent faire, mais c’est déjà pas mal.
Pour leur concert à Bruxelles, les musiciens syriens étaient accompagnés de musiciens belges. Hans Waege, intendant de l’orchestre National de Belgique a dit que c’est très important ! On vit dans une société avec différentes communautés. Après un tel drame, il fallait nouer des liens. D’une certaine façon, on parle la même langue, la langue universelle de la musique. La culture montre qu’il y a un humanisme universel.
SEPO essaye de rassembler les musiciens syriens ensemble, quelles que soient les différences idéologiques pour essayer de sauver la musique syrienne face à la grande destruction culturelle et civilisationnelle en Syrie maintenant, c’est ce qu’ils peuvent faire à cette phase, unir leurs efforts pour donner espoir, amour et le message de paix, pour faire une grande musique et quelque chose de beau dans cette vie.
SEPO interprète la musique symphonique des compositeurs syriens à côté de la musique classique, SEPO est également intéressé à interpréter la musique syrienne, arabe et orientale sous des formes symphoniques avec la musique contemporaine.
Elle comprend tous les instruments d’orchestre: cordes, bois, cuivres et percussions. En plus des instruments traditionnels orientaux syriens parfois. Les membres de SEPO sont environ 75 musiciens.
Issu du SEPO se trouve “Damas String Quintet”, c’est le premier quintette à cordes syrien au monde, il a joué et représenté SEPO dans plusieurs forums internationaux, événements politiques, économiques, culturels et conférences dans toute l’Europe, notamment: Berlinale “Festival international du film de Berlin”, le Festival international de musique de Sankt Goar, le 5ème Forum européen de l’histoire, Syrianale “Festival culturel international syrien”, le Festival “Celebrate Life”, la Commission européenne “le Comité économique et social européen (CESE) Bruxelles”, ONU Genève, Göteborg, Malmö, Bucarest, Cologne, Berlin et autres.
Les musiciens ont tous le rêve de voir revenir la paix dans leur patrie et dans toute la région. Ils espèrent un jour, pouvoir rentrer chez eux pour jouer devant leurs parents et leurs compatriotes.
Quoiqu’il arrive, le SEPO est aujourd’hui un symbole d’espoir magnifique.

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