Adieu Anba Sawiris, abbé d’Al-Muharraq

27-07-2017 10:47 AM

Victor Salama


« Qui est donc celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son Bien-aimé? » (Ct 8,5), c’est l’âme d’Anba Sawiris, abbé du Monastère de la Sainte Vierge à Meir, al-Qoussiya, Assiout, à quelque 330 km au sud du Caire. Il est décédé à l’hôpital au Caire le vendredi 21 juillet à l’âge de 74 ans. L’évêque avait été abbé du monastère, communément connu sous le nom d’al-Muharraq, depuis 1985 jusqu’à son décès.
Né au Caire en 1943 Anba Sawiris a pris les commandes le 11 août 1974 au monastère al-Muharraq, sous le nom de Père Bishoi al-Muharraqi. Il a été ordonné prêtre en 1975 et est devenu adjoint d’Anba Aghathon, alors abbé. Le 2 juin 1985, le Pape Chenouda III l’a consacré comme abbé d’al-Muharraq. Le défunt évêque jouissait de bonnes relations avec les membres du Saint-Synode et a été appelé Anba Sawiris père des évêques, plus de six évêques ayant été diplômés du monastère dans la période de sa présidence comme membres du Saint-Synode de l’Eglise copte.
Le Pape Tawadros II a annoncé la nouvelle du décès d’Anba Sawiris dans une déclaration à la congrégation copte et aux églises en Egypte et dans le monde entier. Le Pape lui a rendu hommage comme “un évêque honorable et abbé d’un ancien et noble monastère”. Anba Sawiris, a indiqué le Pape dans sa déclaration, a servi avec diligence, sagesse et tranquillité depuis 43 ans. Il était père et pasteur pour tous dans le monastère et les villages environnants, a rappelé le Pape. C’était une tâche capitale; le monastère du 1er siècle est le plus ancien et parmi les plus riches en Egypte. Comme l’ont témoigné tous ceux qui l’ont connu, Anba Sawiris a entrepris cette tâche avec sagesse et amour.
Le samedi 22 juillet, le Pape Tawadros a organisé un office funèbre pour Anba Sawiris à l’église Al-Boutrossiya à Abbassiya, au Caire. Le gouverneur d’Assiout, Yasser Dessouqi, était présent pour offrir ses condoléances au Pape Tawadros et à l’Église copte en son nom et en celui du peuple d’Assiout. Un grand nombre d’évêques coptes orthodoxes y ont assisté; tout comme l’évêque copte catholique d’Assiout, Anba Kyrillos William et les évêques qui dirigent les diverses églises en Egypte.
Après l’office, le cercueil a été placé dans l’ancienne église de la Sainte Vierge. Les évêques qui sont venus assister à l’office funéraire du monastère ont rejoint l’assemblée des moines d’al-Muharraq dans l’ancienne église pour l’éloge de minuit à 1h30, après quoi ils ont prié la Sainte Messe.
À 11 heures du matin, l’office funéraire a débuté dans l’église de Mar-Girgis dans le monastère.
Le gouverneur d’Assiout, Yasser Dessouqi, y était de nouveau. Participaient à l’office les évêques: Anba Youannis d’Assiout; Anba Ghobrial de Béni Soueif; Anba Wissa évêque d’el-Baliana, Anba Raphaël, secrétaire du Saint-Synode copte orthodoxe; Anba Daniel, évêque et Supérieur du monastère Anba Pola, Anba Marcorius, évêque de Gerga, Anba Macarius, évêque général de Minia, Anba Epiphania évêque et Supérieur du monastère Anba Macaire, Anba Stephanos, évêque de Beba et de Fachn, Anba Kyrillos de Naga Hammadi; Anba Pola de Tanta; Anba Barsoum, évêque de Dairout, Anba Dimitrius, évêque de Mallawi, Anba Thomas, évêque d’al-Qoussiya, Anba Aghapios, évêque de Deir Mawas, Anba Timotheus de Zagazig, Anba Zusima d’Etfih; Anba Karas de Méhalla al-Kobra; Anba Boqtor d’al-Wadi al-Gadid; et Anba Kyrillos William, l’évêque copte catholique d’Assiout. Des abbés de monastères égyptiens ont également participé, tout comme le moine d’al-Muharraq.
Les paroles prononcées en l’honneur d’Anba Sawiris ont porté l’attention sur l’amour, le soin et la paternité dans la partie principale. Plus d’une fois, les voix des locuteurs ont été ébranlées par l’émotion.
Dans son allocution intitulée “Adieu mon père”, Anba Youannis a commenté en disant: « Je me considère comme un des fils du monastère de Muharraq, nous venions ici au monastère alors que nous étions jeunes pour apprendre d’Anba Sawiris. Aujourd’hui, je lui dis au nom de ses enfants adieu, papa, de qui nous avons beaucoup appris, et aussi adieu mon père, qui nous a enseigné l’amour”.
Il a souligné qu’il a rencontré à huis clos Anba Sawiris 10 jours environ avant la détérioration de son état de santé. Lors de cette rencontre, Anba Sawiris a prié pour lui en disant: «Que le Seigneur t’épargne tout mal».
L’évêque d’Assiout a poursuivi: «Je dis au revoir à mon père qui nous a enseigné de nombreuses vertus de notre Seigneur. Anba Sawiris jouissait de nombreuses vertus lui-même et il était très agréable de l’entendre dire que les positivités continueront quelles que soient les négativités».
Anba Youannis a également indiqué: « Quand nous venions à lui à un jeune âge il nous disait que nous parlons avec Dieu dans la prière et à l’écoute de ses paroles dans la Bible, quelles que soient nos péchés, nos problèmes et nos préoccupations, mes enfants, les positivités surmontent toujours”. L’évêque a été ému en se rappelant de ces paroles.
« Adieu, mon père, qui enseignait le verset de l’Evangile prononcé par saint Paul l’Apôtre (soyez des hommes), au revoir, papa vous nous qui avez appris à prendre tout de la main de Dieu seulement, c’est la foi en Dieu et en ses dons», a-t-il ajouté.
Et il a poursuivi: «Adieu, mon père, qui nous a appris que la vie est juste un point de temps dans une mer de la vie éternelle, citant un poème du défunt Pape Chenouda (perdu dans l’aliénation)”.
Il a conclu en disant: “Adieu mon père vous avez terminé vos jours d’aliénation sur la terre”.
Au son de la mélodie intemporelle du Golgotha, la mélodie copte qui incarne l’épithète du deuil, le corps d’Anba Sawiris a été emmené dans son dernier lieu de repos. Il a été enterré sous l’autel de l’église de Mar-Girgis.
Daigne Seigneur accorder le repos à son âme auprès de nos saints pères, Abraham, Isaac et Jacob. Garde-le sur les prés d’herbe fraîche, près des eaux du repos, au paradis de la joie. Le lieu qu’ont quitté toute tristesse, toute affliction et toute plainte dans la lumière de Tes saints. Accorde-lui les biens que Tu as promis : ce que l’œil n’a jamais vu, que l’oreille n’a jamais entendu, que le cœur de l’homme n’a jamais conçu et que Tu as préparés, Ô Dieu, pour ceux qui aiment Ton Saint Nom. Car pour Tes serviteurs, il n’est pas de mort mais un passage.

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