Le Qatar isolé pour son implication dans le terrorisme

08-06-2017 10:17 AM


Le Qatar isolé pour son implication dans le terrorisme

L’Arabie saoudite, l’Égypte, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont tour à tour annoncé lundi 5 juin la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de «soutien au terrorisme», y compris al-Qaïda, le groupe État islamique et les Frères musulmans.
Cette rupture des relations diplomatiques isole le Qatar non seulement diplomatiquement, mais aussi géographiquement. Le Qatar est une péninsule dont la seule frontière terrestre est avec l’Arabie saoudite. Mais, à plus long terme, c’est la grande base américaine implantée au Qatar qui pourrait être concernée. Les Emirats qui accueillent déjà une base française ne seraient pas mécontents de voir la base américaine déménager chez eux.
Le Qatar accueille toujours des dirigeants de premier plan des Frères musulmans, confrérie classée «terroriste» en Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis, comme Youssef al-Qaradaoui, considéré comme l’un de ses chefs spirituels. L’ancien dirigeant du Hamas palestinien, Khaled Mechaal, est également basé au Qatar, et les talibans afghans y disposent d’un bureau.
En 2010, une note diplomatique américaine, dévoilée par Wikileaks, qualifie le Qatar de «pire dans la région» en ce qui concerne la coopération avec Washington pour tarir le financement des groupes extrémistes. Ce pays a une approche «largement passive» et ses services de sécurité «ont été hésitants à agir contre des terroristes connus», de peur d’apparaître trop proches des États-Unis, poursuit cette note datant de 2009. Après l’attentat contre Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015, plusieurs responsables politiques français pointent du doigt la diplomatie de ce grand allié.
Fondée, il y a plus de 20 ans par le gouvernement du Qatar, la chaîne de télévision Al-Jazeera, qui dispose de près de 80 bureaux à travers le monde et diffuse dans plusieurs langues, a été la caisse de résonance des mouvements du Printemps arabe.
Mais ses détracteurs jugent sa ligne éditoriale trop favorable aux islamistes, y voyant parfois un outil au service de la diplomatie du Qatar. En 2014, trois de ses journalistes en Égypte sont condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir «falsifié des informations» en soutien aux partisans du président islamiste Morsi.
En avril 2016, les autorités irakiennes ferment le bureau d’Al-Jazeera à Bagdad en raison d’une couverture jugée favorable au groupe djihadiste sunnite État islamique (EI) et hostile à la majorité chiite d’Irak.
Dans le passé, la chaîne avait déjà eu des démêlés avec les régimes arabes qu’elle irritait par sa couverture souvent jugée impertinente ou orientée, et Washington l’avait présentée comme un porte-parole des groupes extrémistes. D’autant que l’ancien chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, lui réservait l’essentiel de ses messages.

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