La Palme d’or attribuée à “The Square” du Suédois Ruben Östlund

02-06-2017 12:04 PM


La Palme d’or attribuée à "The Square" du Suédois Ruben Östlund

Le jury du 70e Festival de Cannes a parlé. C’est le réalisateur suédois Ruben Östlund qui s’est vu attribuer, dimanche 28 mai, la Palme d’Or pour la comédie noire “The Square”. Le coup de cœur des festivaliers,”120 battements par minute” du Français Robin Campillo, reçoit quant à lui le Grand Prix, sorte de médaille d’argent de la compétition. Sur la troisième marche du podium : “Loveless” du Russe Andrey Zviagintsev, lauréat du Prix du jury.
Pedro Almodovar et ses 8 co-jurés ont rendu un palmarès très européen, mais aussi à forte coloration américaine puisque le prix de la mise en scène revient à Sofia Coppola (pour “Les Proies”) et le prix d’interprétation masculine à Joaquin Phoenix pour son rôle de vengeur solitaire dans “You were never really here” de la Britannique Lynne Ramsay. Laquelle partage le prix du scénario avec le Grec Yorgos Lanthimos (“Mise à mort du cerf sacré”).
Deux actrices ont également été consacrées lors de la cérémonie de clôture : l’Allemande Diane Kruger, lauréate du prix d’interprétation féminine (pour son rôle dans “In the Fade” de Fatih Akin), et Nicole Kidman, récompensée par le prix spécial du 70e Festival de Cannes. Peu étonnant, c’était l’année de l’actrice australienne puisqu’elle était présente dans quatre productions de la sélection officielle.
En récompensant largement les films européens, le jury a donné la prime à un cinéma peu enthousiasmant, très porté sur l’auto-flagellation et l’enfonçage de clou. Sous couvert de grinçante satire, la Palme d’or 2017 est, en ce sens, un summum de cinéma prêchi-prêcha qui se targue de taper là où ça fait mal. Sa cible : le monde de l’art contemporain, c’est dire le risque pris par Ruben Östlund qui se paie sur la bête. Le milieu est en effet suffisamment caricatural pour en fustiger pendant deux heures et demie la tartufferie bien-pensante. On retrouve ce même goût pour le sermon dans deux autres films du palmarès : le désagréable “Loveless” et l’alambiqué “Mise à mort du cerf sacré”.
Beaucoup plus lumineux que ses homologues européens, “120 battements par minutes” aurait mérité mieux, à nos yeux, que la deuxième place. Chronique hyperactive des premières luttes anti-sida de l’organisation Act-Up Paris, le film de Robin Campillo est un beau et grand film d’aujourd’hui sur le militantisme et l’esprit de communauté (et non pas communautaire). Dommage. On prédit toutefois au film, à son réalisateur et à son sublime acteur Nahuel Pérez Biscayart d’autres succès.
Le jury aurait été bien inspiré d’aller voir aussi du côté des cinéastes asiatiques, absents du palmarès. Le Sud-Coréen Bong Joon-ho et sa formidable satire grand public “Okja” n’aurait pas juré parmi la liste des lauréats. De même que son compatriote Hong Sang-soo et son vaudeville doux-amer “Le jour d’après”. Re-dommage.
Autre grands oubliés : les frères Josh et Benny Safdie dont l’infatigable polar “Good Time” semblait destiné au prix de la mise en scène. Avec tout le respect que l’on doit à Sofia Coppola, son remake féministe de “Les Proies” n’a pas la même force visuelle que celle dégagée par le beau “Good Time”. Dommage encore.
On retiendra enfin que les jurés n’ont pas distingué les deux films de la compétition qui concourraient sous les couleurs du très controversé groupe américain Netflix. “Okja”, comme on l’a dit, et “The Meyerowitz Stories” de Noah Baumbach repartent effectivement bredouille. L’avenir nous dira peut-être si les Grands Sages ont voulu éviter une polémique ou s’ils n’ont simplement pas jugé les films suffisamment bons.

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