Un récit copte en Egypte: une biographie de la famille Boutros-Ghali

02-03-2017 11:00 AM


A quelques pas du Nil brillant niché dans une rue poussiéreuse du Caire se trouve l’église copte de Saint-Pierre et Saint-Paul, connue localement comme Boutrossiya. Si l’on entrait par l’une des sept portes, descendant le couloir central en colonnes au-delà des mosaïques vénitiennes et des rideaux de soie, on retrouverait le tombeau de Boutros Pacha Ghali. Reposant sur deux marches de marbre noir, ornés de croix colorées, sont écrits ses derniers mots: «Dieu sait que je n’ai jamais rien fait de mal à mon pays». Le premier Copte à recevoir le titre de Pacha, la carrière de Boutros Pacha Ghali a inextricablement lié le destin de sa famille à celui de l’Egypte.
Depuis les premiers chuchotements de l’indépendance jusqu’au dernier gouvernement de Moubarak et aux Nations unies, les Boutros-Ghali ont non seulement été une force dans la vie politique, culturelle et religieuse de l’Egypte, mais à l’échelle internationale. Ce livre retrace l’illustre histoire de cette famille de 1864 à nos jours. A travers les assassinats, les guerres et les élections, il éclaire les événements qui ont façonné la vie égyptienne et copte, révélant le rôle crucial de la famille dans la création de l’Egypte moderne et ce que leur héritage peut signifier pour l’avenir de leur pays.
Boutros Ghali naît dans une famille copte à Kiman-al-‘Arous, un village de Béni Soueif, en 1846, à l’époque de l’Égypte ottomane. Son père, Ghali Nayrouz, est l’intendant du prince Moustafa Fadil. Il étudie les langues : l’arabe, le turc, le persan, l’anglais et le français.
Diplômé, Ghali devient professeur à l’école patriarcale. En 1875 il est nommé comme greffier de la Cour mixte, nouvellement constituée par Sharif Pacha. Il est ensuite le représentant du gouvernement égyptien à la Commission de la dette publique. Ghali travaille au ministère de la Justice à partir de 1879, où il est nommé secrétaire général avec le titre de Bey. En septembre 1881 il est nommé premier secrétaire du conseil des ministres, mais il revient peu après au ministère de la Justice. À la demande de Mahmoud Sami al-Baroudi, Ghali se voit attribuer le rang de Pacha, une première pour un Copte en Égypte. En 1886, il est nommé à la tête d’une commission pour la sélection des juges de la Charia, un poste inattendu étant donné sa religion.
Ghali est nommé ministre des Finances en 1893, puis ministre des Affaires étrangères en 1894. 
Il est nommé premier ministre le 8 novembre 1908, en remplacement de Moustapha Fahmi Pacha, tout en conservant ses attributions aux affaires étrangères. Ghali est assassiné le 20 février 1910 par Ibrahim Nassif al-Wardani, un étudiant de vingt-trois ans. Touché par plusieurs coups de feu, Ghali succombe le 21 février.
Wardani est exécuté le 28 juin 1910.
L’assassinat de Ghali est le premier d’une série de meurtres politiques, qui court jusqu’en 1915.
Ghali a plusieurs fils, dont: Youssef Boutros-Ghali, père de Boutros Boutros-Ghali, nommé d’après son grand-père, qui sert comme vice-Premier ministre de l’Égypte et Secrétaire général des Nations unies.
Il est le grand-père de l’auteur de ce livre Youssef Boutros-Ghali qui a été ministre des Finances en Égypte de 2004 à 2011, avant d’être économiste principal au FMI. Youssef est titulaire d’un doctorat du MIT. Il avait succédé à Gordon Brown comme président du Comité financier du FMI, qui est son organe décisionnel.
Boutros Ghali Pacha est aussi le père de Wassif Boutros Ghali (1878-1958), législateur et diplomate, Najib Boutros Ghali, ministre de l’Agriculture en 1921 et Mirrit Boutros Ghali, écrivain, homme d’affaires et avocat.
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