Dernier hommage au martyr d’Alep victorieuse

15-01-2017 01:55 PM

Michael Victor


Le Patriarcat de l’Église catholique Melkite a rendu un dernier hommage à son Vicaire patriarcal à Jérusalem, Mgr Hilarion Capucci, dans une messe funèbre officielle qui a eu lieu à l’Eglise Notre-Dame de l’Annonciation Patriarcale à Rabwah, dirigée par le patriarche Grégoire III Laham, aidé par un groupe d’évêques et de prêtres.
La prière funéraire a réuni des représentants des présidences palestinienne, libanaise et syrienne, ainsi que des représentants des patriarches des différentes églises, et un groupe de personnalités politiques et de partis en Palestine, en Syrie et au Liban, outre la famille du défunt archevêque, ses amis et proches.
Ce qui suit est le texte intégral du discours du Patriarche Laham:
«Nous sommes réunis dans la prière funéraire humble afin de dire adieu ensemble à notre cher regretté, que Dieu ait miséricorde de lui, l’archevêque Hilarion Capucci, Vicaire patriarcal évêque de Jérusalem. Il est le défunt martyr d’Alep victorieuse. Il est le regretté monastique d’Alep bénie, ainsi que de l’Eglise du Patriarcat des catholiques melkites, de Jérusalem comme capitale de notre foi, de Palestine, de la résistance, la liberté et la dignité.
Il est mon frère. Nous avons lutté ensemble en Palestine depuis 1974. Il a été rempli de la magnanimité et la fierté à la prison, et j’étais un prisonnier sous la direction de sa foi et la puissance de ses moralités. J’ai terminé son travail dans la décoration de la cathédrale de Jérusalem et la réhabilitation et le développement du Patriarcat de Jérusalem. Comme je suivais ses conférences quasi quotidiennes au cours desquelles j’ai rencontré les pèlerins des pays du monde, leur parlant de l’archevêque Capucci, ainsi que la signification, l’importance et le caractère unique de l’engagement global à la cause palestinienne et ce qu’il avait enduré comme difficultés dans ce processus. Je pense personnellement être l’élève de Mgr Capucci.
Notre regretté est né à Alep la résistante le 2 mars 1922. Il fut ordonné moine basilien monastique d’Alep. Ordonné prêtre en 1947, il a été chef de la monastique basilienne d’Alep (dans les années 1962 à 1965); et en tant que tel, il a participé au Concile Vatican II. Il est le dernier parmi les évêques, de l’Église melkite catholique qui ont participé à ce Concile. Il fut ordonné évêque en 1965 par le patriarche Maximos IV Sayegh, et l’a aidé à l’ordination épiscopale Mgr George Guargios Hakim, évêque de Haïfa, Nazareth et toute la Galilée, devenu plus tard le patriarche Maximos V. Il a été nommé Vicaire patriarcal général à Jérusalem, succédant au défunt Mgr Gabriel Abou Saada en 1965.
En 1974, il a été arrêté par les autorités d’occupation israéliennes et a été emprisonné et condamné à douze ans. Il a purgé sa peine dans les prisons israéliennes dans une étroite cellule individuelle pendant trois ans. Suite à la médiation du défunt Pape Paul VI et les chefs des Eglises de Jérusalem, il a été libéré de prison en 1977 et j’ai été à son accueil à l’aéroport de Rome. Le défunt patriarche Maximos V l’a ensuite nommé visiteur apostolique catholique en Europe occidentale jusqu’en 1999. Il a été maintenu dans ses fonctions de Vicaire patriarcal de Jérusalem. J’ai décidé de le maintenir à ses fonctions de Vicaire patriarcal de Jérusalem pour la vie et de ne pas être soumis à un système imposé aux évêques de démissionner à l’âge de soixante-quinze ans. J’ai demandé au défunt patriarche Maximos V Hakim de reporter mon ordination comme évêque pour sept ans par respect pour mon frère et mon ami Mgr Capucci. Après son exil de Jérusalem, il est resté en exil à Rome. Il n’a effectué aucune visite dans les pays arabes avant l’expiration de sa peine de 12 ans, en 1986. Sa première visite fut en Syrie où il a été accueilli en héros.
Mgr Hilarion moine d’Alep a consacré toute sa vie au Seigneur par les trois vœux. Son plus grand et unique vœu était la Palestine. Depuis qu’il a été nommé vicaire patriarcal à Jérusalem en 1965, il est devenu un symbole de la cause palestinienne. Il a consacré sa vie à servir les Palestiniens dans la patrie et dans les lieux de leur déplacement dans les pays arabes et dans le monde. Il a fait sienne la cause palestinienne. Il a déclaré dans son fameux discours à l’école grecque catholique de Beit Hanania que la terre de Palestine est la mère de tous ses enfants. Cette annonce a enflammé les sentiments des Palestiniens. Des manœuvres ont alors commencé pour son arrestation et son emprisonnement, où ceci a eu lieu au matin du huitième jour d’Août 1974 puis finalement le 19 Août 1974. Ensuite, il a été jugé à Jérusalem et condamné à douze ans de prison.
Le regretté est vraiment un champion de la cause palestinienne. Il est resté à la défendre jusqu’au dernier souffle de sa vie. Il a continué à donner des conférences, voyageant dans de nombreux pays arabes et européens pour tenir au courant de l’affaire et les droits des enfants palestiniens, musulmans et chrétiens, avec courage, fierté et sa célèbre éloquence en arabe et en français.
Il répétait son désir de retourner en Palestine pour rencontrer ses enfants palestiniens, afin d’être près d’eux et partager leur douleur et leur souffrance. Combien d’efforts n’a-t-il faits afin d’obtenir l’aide de toutes sortes pour soutenir les institutions palestiniennes, en particulier celles sociales à Jérusalem et en Cisjordanie. Il est devenu un symbole et une marque élevée de la cause palestinienne. J’ai essayé pendant mon service à Jérusalem de lui organiser une visite à Jérusalem, sa chérie, mais en vain. Un grand nombre de militants ont été autorisés à retourner à Jérusalem, mais pas lui, parce que son retour signifiait beaucoup localement et globalement.
La lutte de notre regretté cher archevêque Hilarion, sa lutte et ses sacrifices sont objet de fierté pour la Palestine, la Syrie et la patrie arabe, ainsi que de l’Eglise des catholiques melkites. Nous devons en disant adieu à ce grand combattant parler de ses évêques prédécesseurs dans la défense de la cause palestinienne: Mgr Grégoire Hajjar (1901-1940) évêque d’Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée, qui a été tué dans des circonstances mystérieuses à son retour de Jérusalem à Haïfa après avoir participé à une conférence à l’appui de la cause palestinienne, et Mgr Gabriel Abou Saada fils de Beit Sahour (près de Bethléem) vicaire patriarcal général à Jérusalem (1946-1965). Nous disons même que la défense de la cause palestinienne est l’héritage de l’Église catholique romaine. Elle a été marquée par un grand nombre d’évêques soutenant la question palestinienne et des causes arabes en général. L’Eglise catholique en particulier, en la personne des Papes, es le plus grand soutien et dévouement à la cause palestinienne. Le Pape François a considéré la justice pour les Palestiniens comme la clé de la paix (Amman – 24 mai 2014).
Notre regretté moine d’Alep et évêque combattant de la liberté était un homme de prière et spirituel bien établi. Il est entré dans la cellule isolée le dimanche 26 Janvier 1975 ayant une petite table près du lit sur laquelle se trouvaient la Sainte Bible, la coupe et le plateau. Il célébrait la messe tous les jours, faisait les prières rituelles et lisait le plus de livres. Je garde toujours son agenda quotidien précis, avec des heures strictement réglementées pour l’accomplissement de ses prières et tous les détails de sa vie. Il était habitué dans cette cellule à communiquer avec les chefs d’Etat arabes d’une manière restée cachée du directeur de la prison!
Mes visites semi-hebdomadaires dans sa cellule duraient de deux heures à trois heures. Ses réunions et leçons étaient des cours de spiritualité évangélique, patriotisme et piété, patience et soumission à la volonté du Christ Sauveur, et la confiance en Dieu. Il répétait: “Dieu patiente, mais ne néglige pas”. Il nous encourageait et gardait notre moral élevé. Ses visiteurs locaux et internationaux, clercs et autres, admiraient la force de sa foi et de sa détermination.
Il sortit de prison portant tous ses vêtements épiscopaux embrassant la terre de Palestine pour la dernière fois avant de monter dans l’avion pour Rome le six Novembre 1977. Il était accompagné par l’archevêque Maximos Saloum et le nonce apostolique. Je l’avais précédé avec Sa Béatitude le Patriarche Maximos V Hakim et nous l’avons accueilli avec la communauté palestinienne à l’aéroport de Rome.
Notre cher regretté est un homme de foi et de prière. Il disait qu’il est d’origine syrienne, combattant palestinien, d’identité arabe. L’arme de Mgr Capucci était la prière et le moral élevé. Il représente le dévouement à la cause palestinienne. Ce fut une figure palestinienne syrienne globale arabe. Nous devons avoir un semblable à Capucci aujourd’hui comme hier. Nous avons besoin de gens comme lui dans la défense honnêtement et sincèrement de la cause palestinienne ou les questions arabes, voire mondiales.
Nous disons adieu à ce dignitaire de Galilée avec nos saintes prières qui sont une description de la vie et de la spiritualité notre cher dignitaire de Galilée: Accorde la gloire, ô Sauveur dans le royaume des cieux, celui, qui a vécu sur la terre, comme il convient aux chefs des prêtres, avec la foi, l’espérance et l’amour, la droiture de culte, de manière impartiale et avec l’humilité, le zèle apostolique et la vie pure.

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