« L’Egypte, une passion française », un film tourné sur les chantiers defouilles du désert

22-12-2016 01:53 PM


 
Raconter l’Egypte, passion française portée depuis plus de deux siècles par l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO) ouvert au Caire en 1880, comme la met en scène le documentaire tourné sur les chantiers de fouilles du désert. Un voyage dans les sables, ondulant à perte de vue, jusqu’aux deux grands sites archéologiques où opère l’IFAO, à Saqqâra au sud du Caire et à Douch (l’ancienne Kesh) située à 300 km de Louxor, en Haute-Egypte. Deux chantiers parmi les vingt-cinq en activité de la mission permanente de la France dans la capitale égyptienne ; mission de recherche, couvrant toutes les époques de la préhistoire à l’époque contemporaine, menée par 150 agents égyptiens et français.
Pourquoi cet engagement de la France en Egypte ? L’engouement pour la terre des pharaons commence avec la campagne militaire de Bonaparte (1798-1801). Expédition doublée d’une mission scientifique de cent soixante savants, toutes disciplines confondues, qui produiront la fameuse Description de l’Egypte, aux mille planches de relevés et dessins. Passion liée aussi à la traduction des hiéroglyphes, en 1822, par Jean-François Champollion. Le Français avait réussi à déchiffrer le texte – en hiéroglyphes, démotique et grec ancien – figurant sur la pierre de Rosette, stèle de granodiorite noire mise au jour dans un village du delta du Nil par un soldat de Bonaparte. Une révélation qui ancrera la mission culturelle de la France en Egypte.
C’est l’égyptologue Gaston Maspero (1846-1916) qui fut à l’initiative du projet de l’IFAO. En 1907, cette « Ecole du Caire », comme le sont les Ecoles de Rome ou d’Athènes, s’installait dans le palais Mounira. Entourée d’un vaste jardin, la propriété Art nouveau métissé de néoclassique est suffisamment spacieuse pour accueillir bibliothèque (80 000 volumes), laboratoires, salles d’études et imprimerie. Comme l’explique fièrement, visite à l’appui, sa directrice actuelle Béatrix Midant-Reynes, femme de tête et de terrain, elle-même archéologue, que l’on suit au volant d’un 4 x 4 à travers le désert, jusqu’à la fouille d’un campement nomade vieux de sept mille ans. En chaussettes pour ne pas abîmer le périmètre délimité, le pinceau à la main, la directrice met au jour dans le sable « un petit morceau de la coquille d’un œuf d’autruche, dont les femmes se faisaient des colliers ».
Près du village de Douch, la fouille de l’IFAO est ouverte depuis vingt-cinq ans. Le campement est devenu un vrai hameau de terre, vivant trois mois par an, où les ouvriers égyptiens se succèdent de père en fils. Michel Wuttmann, alors directeur (il est décédé en 2013), présente le trésor mis au jour, 400 statuettes d’Osiris, en bronze, des offrandes de pèlerins au dieu majeur de l’au-delà, exhumées des sables.
A Saqqâra, la plus ancienne et immense nécropole royale du sud du Caire, l’archéologue français Vassil Dobrev cherche des tombeaux enterrés, « maisons d’éternité » en pierre taillée, pour les plus riches, couvertes de hiéroglyphes. Aux côtés d’une pyramide, sanctuaire du pharaon, la cour a ses caveaux. Et tout autour, le peuple se fait enterrer à même le sable. Dans un sarcophage pour les plus riches, ou le corps protégé de bandelettes pour les pauvres. D’où l’invraisemblable jeu de piste conduisant à un tombeau précieux. La nécropole est un labyrinthe souterrain où il faut, pour circuler, évacuer des tonnes de sable, dans des seaux de fortune. Edifiant et éblouissant, quand le résultat est là.
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