Mobilisation pour la protection du patrimoine culturel en péril

08-12-2016 01:07 PM


Cinq prix Nobel lancent un appel en faveur de la Conférence internationale d’Abou Dhabi sur la protection du patrimoine culturel en péril:  Aung San Suu Kyi, conseillère d’Etat et ministre des affaires étrangères de Birmanie, Prix Nobel de la Paix en 1991, Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations unies, Prix Nobel de la Paix en 2001, Helen Johnson Sirleaf, Présidente du Libéria, Prix Nobel de la Paix 2011, Orhan Pamuk, écrivain, Prix Nobel de littérature en 2006, Mario Vargas Llosa, écrivain, prix Nobel de littérature en 2010.
Partout dans le monde, les guerres et le terrorisme menacent un patrimoine parfois millénaire, témoignage de la diversité des civilisations humaines et de notre commune humanité.
 A la tragédie des populations civiles persécutées en raison de leur origine, de leurs convictions ou de leurs croyances et qui n’ont d’autre choix qu’entre la mort ou l’exil, s’ajoutent le trafic, le pillage, la destruction de ce bien public universel qu’est notre héritage culturel.
 A Bamiyan, à Mossoul, à Palmyre, à Tombouctou et ailleurs, des œuvres ont été détruites, et c’est l’humanité tout entière qui était visée. Une trace de notre histoire a été effacée et c’est notre espérance dans l’avenir que le fanatisme a voulu saper.
 Cet acharnement à réduire en cendre des expressions immémoriales doit être combattu. Il y a urgence à agir, le temps n’est plus aux indignations impuissantes.
Nous lançons aujourd’hui un appel à la prise de conscience de la communauté internationale. Nous demandons aux gouvernements, à l’UNESCO et à la société civile de se mobiliser pour protéger et sauvegarder le patrimoine culturel de l’humanité :
Parce qu’il est ce qui nous unit par-delà les continents. Parce qu’y porter atteinte, c’est menacer gravement la paix et à la sécurité internationales. Et parce que sans mémoire, il n’y a ni rêve ni horizon communs possibles.
Dans cet esprit, nous saluons la tenue à Abou Dhabi le 2 décembre de la conférence internationale sur la protection du patrimoine en péril et appelons tous les participants à faire face à leurs responsabilités. Le défi est historique. Sachons le relever.
A l’initiative de la France, une conférence internationale sur le patrimoine en péril s’est tenue les 2 et 3 décembre 2016, à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis. Elle avait débouché sur des propositions concrètes afin de protéger davantage, mettre en valeur, voire de financer la réhabilitation du patrimoine culturel menacé par les conflits armés et les catastrophes naturelles.
Dans le contexte actuel des crises au Moyen-Orient et des destructions de sites patrimoniaux, le président de la République française, François Hollande, a placé la protection du patrimoine en péril au cœur de ses priorités. Organisée en lien avec les Emirats arabes unis, la conférence d’Abou Dhabi constitue un évènement fédérateur qui permet de mobiliser, au plus haut niveau, les Etats, les organisations internationales, les Fondations, les ONG autour de propositions ambitieuses en matière de protection du patrimoine. Elle fut inaugurée par les deux Chefs d’Etat, en présence de la directrice générale de l’UNESCO.
Cette conférence poursuivait deux objectifs : la mise en place d’un fonds international de 100 millions de dollars US, dédié au financement d’actions pour la protection du patrimoine culturel en péril et la création d’un réseau international de refuges, c’est-à-dire un réseau de pays s’engageant, sur des garanties communes, pour accueillir, de manière temporaire, les biens culturels d’un pays faisant face à une situation de conflit armé. La conférence pourrait également adopter une déclaration politique commune en faveur de la protection du patrimoine en péril.
La France s’est déjà engagée à mettre 30 millions de dollars dans le fonds. Les propositions des émiratis et d’autres partenaires sont attendues.
A noter que l’idée n’est pas nouvelle. La France, la Suisse et l’Italie ont déjà accueilli des objets de pays en proie à des difficultés et dont le patrimoine culturel était menacé. Comme ce fut le cas du Musée du Prado, en Espagne. Et tout récemment, le Musée du Louvre à Paris était menacé par la crue de la Seine. Mieux, la France a d’ailleurs pris les devants en adaptant sa législation afin de lui permettre d’accueillir des objets culturels en péril venant d’autres pays dans des conditions très claires et qui garantissent, à la fois, l’accessibilité et le retour.
Le fonds ne sera pas qu’un instrument de plus dans la mesure où il sera transversal. Les pays candidats à l’utilisation du fonds pourront proposer eux-mêmes les projets à financer. Ils auront également la possibilité de faire des formations, des conditionnements des objets, des protections.
Tous les objets précieux pourront être archivés, de manière à ce qu’en cas de besoin l’on puisse les reconstruire également.
Les Emirats sont lancés dans une grande aventure culturelle, avec notamment la construction d’une réplique du Musée du Louvre à Abou Dhabi. Au cours des échanges sur les différents projets, la France et le Royaume d’Abou Dhabi se sont mis d’accord sur ce projet d’envergure internationale.
 
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