Le socialiste Manuel Valls lance sa campagne

08-12-2016 01:04 PM


L’ex-chef du gouvernement, qui a démissionné mardi, veut croire au rassemblement et à la victoire de la gauche pour 2017. Après 976 jours comme Premier ministre, Manuel Valls a quitté Matignon. Candidat à la primaire organisée par le PS, l’ex-chef du gouvernement a assuré mardi soir sur le plateau du JT de France 2 que le renoncement de François Hollande n’était pas le fait de pressions exercées par son entourage. “Vous croyez un seul instant que François Hollande se fait imposer une candidature contre lui ?”, a interrogé Manuel Valls. Alors qu’il entame sa campagne à la primaire, l’ancien Premier ministre a réagi à la possible candidature de l’ancien ministre de l’Éducation, Vincent Peillon. Un candidat à la primaire de la gauche ne peut pas se présenter “pour affaiblir” ou être un “candidat contre”. En route pour son premier déplacement de campagne dans le Doubs mercredi, Manuel Valls s’est montré quelque peu irrité par la candidature attendue de Vincent Peillon et l’émergence d’un possible front contre lui.
“Moi je suis candidat à la présidence de la République, je parle aux Français”, a fait valoir Manuel Valls. “Je ne suis pas candidat pour participer à un nouveau débat sur la gauche. La gauche adore parler d’elle-même et c’est même parfois sa raison d’être”, a-t-il affirmé. Il a aussi abordé ses rapports avec François Hollande : “Ne pensez pas un seul instant que François Hollande ne veuille pas que je l’emporte.” “Personne ne peut penser qu’il est neutre. Je ne sais pas s’il doit le dire avant la primaire”, a-t-il par ailleurs ajouté. Après sa candidature lundi et sa démission mardi, Manuel Valls a entamé mercredi sa campagne sur les terres industrieuses du Doubs.
“On ne va pas me changer, je ne vais pas renier ce que je suis”, a-t-il concédé, avant de promettre : “Vous n’entendrez de ma part aucun mot désagréable dans cette campagne, aucun anathème, aucune mise en cause, moi je veux être positif.” “Il y a eu des erreurs, des échecs, nous n’avons pas atteint tous nos objectifs, mais nous avons contribué, je crois, à redresser le pays”, a-t-il également estimé à propos du bilan du quinquennat. “Je suis convaincu que rien n’est écrit et que la gauche peut l’emporter. C’est ce message d’espoir que je veux porter auprès de mes compatriotes”, a soutenu Manuel Valls. “Je ne veux pas que l’extrême droite soit au deuxième tour, je ne veux pas que la France accepte le programme de François Fillon qui ne correspond pas à notre modèle social”, a-t-il martelé.
 

Manuel Valls s’est officiellement lancé dans la bataille de la présidentielle de 2017. Mais pour représenter la gauche en mai, il devra passer par une primaire semée d’embûches.

Lors de la dernière primaire de la gauche, en 2011, ses positions jugées droitières lui ont valu d’essuyer un échec personnel cuisant, en ne récoltant que 5,63 % des voix au premier tour. Une déroute qui ne l’avait nullement empêché depuis à poursuivre son ascension sur l’échiquier politique français, après son ralliement à François Hollande.
Sans compter qu’il n’aura d’autre choix que de défendre le bilan social-libéral du très impopulaire François Hollande, auquel ses rivaux ne manqueront pas de l’associer. Il sera notamment épinglé sur l’absence de résultats économiques, sur l’échec de la lutte contre le chômage, priorité de son gouvernement, et la fulgurante montée en puissance du Front national depuis 2012.
Toujours est-il que Manuel Valls compte quelques atouts qui l’ont peut-être poussé à entrer en course, bien que les chances de voir la gauche conquérir l’Élysée en 2017 paraissent minces et qu’il aurait préféré attendre 2022.
Il sait par exemple qu’il n’existe pas pour l’instant de candidat déclaré de sa dimension, capable de l’affronter dans un premier temps, puis de se mesurer à François Fillon ou à Marine Le Pen. Faute d’une telle alternative, il sera tenté de mettre en avant son expérience et son sens de l’État, pour apparaître comme le plus qualifié pour sauver une gauche en lambeaux face à une droite revigorée par sa primaire et une extrême-droite en ordre de marche.
S’il ne peut se présenter comme l’héritier du chef de l’État, il incarne une gauche moderne et réformiste face à laquelle se dressent des candidats se revendiquant de la gauche du PS, et proches des frondeurs. Son profil peut entraîner le ralliement de certaines figures du PS, soucieuses de se replacer après le renoncement de François Hollande (les noms des ministres Jean-Yves le Drian, de Bernard Cazeneuve et de Michel Sapin sont cités avec instance dans la presse nationale).
Enfin, le Premier ministre, qui est resté cohérent en défendant une même ligne politique parfaitement identifiée par les électeurs, jouit d’une popularité certaine. À en croire les derniers sondages, même si cela est risqué ces derniers temps, il arrive en tête des favoris de la primaire devant Arnaud Montebourg.
Le 4 décembre, avant même l’annonce officielle de sa candidature, un sondage Ifop publié par le JDD, montrait qu’il avait recueilli les faveurs de 45% des sympathisants de gauche et de 61% des électeurs socialistes.
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