Soueileh et son récit ancien/nouveau

15-12-2011 09:05 AM


A la mémoire du 98e anniversaire du fameux écrivain égyptien Naguib Mahfouz, le département de publication de l’université américaine du Caire en 1996, a annoncé le 11 décembre dernier, date de la naissance de Mahfouz, l’octroi du prix ” Mahfouz 2009 ” à l’écrivain syrien Khalil Soueileh.

L’écrivain syrien Khalil Soueileh a remporté le prix ” Naguib Mahfouz 2009 ” pour la littérature arabe, pour son roman “Warraq al-Hob”.
Un communiqué du jury, rapporté par l’agence Reuters, qualifie le roman de Soueileh d'”intelligent et excellente par son contenu”.
Ce prix, dont la valeur est 1000 $, a été créé par le département de publication de l’université américaine du Caire en 1996, et on le décerne au mois de décembre de chaque année, mois de naissance de l’écrivain Naguib Mahfouz.
“Warraq al-Hob” de Soueileh, met en relief l’innovation de l’écrivain dans un temps de digression. Ceci sans perdre la boussole du récit.
Il est à savoir que Khalil Soueileh qui a commencé son itinéraire littéraire en tant que poète, focalise la lumière à travers son roman ” Warraq al Hob ” sur le grand terrain de la littérature syrienne. Ceci intervient au moment où Damas a été choisie en tant que capitale de la culture arabe en 2008. En contemplant de près le récit dans la “nouvelle” littérature syrienne, il faut constater le phénomène de l’expérimentation qui se délibère des normes de toutes les formes littéraires classiques. D’où naît la relation du conte littéraire classique avec les nouvelles idéologies de notre temps. Il est à constater que le roman syrien dans le temps était un roman exclusivement à faits historiques. Actuellement, le nouveau roman syrien a subi une grande modification. Son sujet aborde actuellement autant de questions sur le fond ainsi que sur la forme littéraire. D’où ” Warraq al Hob ” est un nouveau roman syrien qui puise essentiellement dans la recherche beaucoup plus que dans l’imagination. Warraq al Hob est un indice de tout ce qui a été écrit par les Arabes sur le thème de l’amour. Warraq al Hob est un roman qui travaille essentiellement sur l’expérimentation recherches/récit, ancien/nouveau. Soueileh affirme même, dans une de ses entrevues, la richesse des manuscrits qui existent dans notre patrimoine arabe. Une richesse qu’il faut absolument rechercher et non pas dissimuler. Warraq al Hob mêle à la fois la personnalité de l’écrivain à sa richesse patrimoniale culturelle et ses personnages imaginés. D’où le succès de l’œuvre.

Immortalité de Mahfouz

Accorder un prix annuel de littérature arabe au nom du fameux écrivain Naguib Mahfouz, n’est pas une chose au hasard. Mahfouz était l’intellectuel le plus célèbre d’Egypte et l’unique romancier de langue arabe à avoir reçu la célèbre distinction littéraire.
Naguib Mahfouz est connu pour ses touchantes descriptions de la capitale égyptienne. En habitué des ambiances bigarrées contemporaines du Caire, il savait mieux que quiconque mettre en scène sa ville au fil des récits. Mahfouz avait une cinquantaine de romans à son actif, au nombre desquels quelques fictions réalistes et autres œuvres de postures philosophiques. Sa trilogie, longue de 1.500 pages, qui regroupe ” Impasse des Deux-Palais “, ” Le Palais du désir ” et ” Le Jardin du passé “, est devenue un classique en 1952. Il y décrit les espoirs et les désillusions politiques d’une famille bourgeoise cairote sur trois générations entre 1917 et 1944.
Naguib Mahfouz est l’un des seuls intellectuels égyptiens à avoir approuvé les accords de paix entre l’Egypte et Israël en 1979. Une position qui lui a valu d’être boycotté dans de nombreux pays arabes. Homme de coeur et empli de sagesse, il n’avait pas hésité à diviser le chèque de la Fondation Nobel en quatre part égales: Une pour sa femme Attiyatullah, deux pour ses filles, et la dernière en faveur du peuple palestinien.
Névine Lameï

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