Les leaders estiment se quitter dans un monde «plus sûr»

15-12-2011 09:05 AM


Le sommet sur la sécurité nucléaire s’est achevé mardi à Washington sur une note d’optimisme. Les Etats-Unis ont convaincu une quarantaine de pays de sécuriser au maximum leurs stocks nucléaires dans les quatre années à venir pour lutter contre d‘éventuelles attaques terroristes. Une menace prise très au sérieux par le président américain. “Le terrorisme nucléaire est aujourd’hui la plus sérieuse des menaces contre la sécurité internationale. Nous sommes d’accord sur le fait que la meilleure façon d’empêcher les terroristes de se munir de l’arme nucléaire est de renforcer la sécurité nucléaire, de protéger les matériaux fissiles et d’empêcher la contrebande”, explique Barack Obama. Autre avancée de taille pour la Maison Blanche: un nouveau train de sanctions est envisagé contre le programme nucléaire iranien. Jusqu’ici la Chine et la Russie refusaient de suivre la voie de la fermeté prônée par les Occidentaux. Une attitude qui pourrait changer, de l’aveu même de Barack Obama. En 4 ans Les participants au premier sommet sur la sécurité nucléaire à Washington se sont engagés à sécuriser en quatre ans “les matières nucléaires vulnérables” de manière a réduire la menace du terrorisme nucléaire, selon un communiqué commun. “Les participants s’engagent à renforcer la sécurité nucléaire et à réduire la menace de terrorisme nucléaire”, poursuivent-ils, ce qui passe selon eux par “des actions nationales responsables et une coopération internationale soutenue et efficace”. Très généralement, dans ce texte en 12 points, ils appellent à “une coopération internationale” qui n’empiète pas sur les “droits des États” d’utiliser pacifiquement l’énergie nucléaire. Ils encouragent par ailleurs à “convertir” les réacteurs utilisant de l’uranium hautement enrichi au combustible d’uranium faiblement enrichi et à limiter “au maximum de ce qui est techniquement et économiquement faisable” l’emploi de l’uranium hautement enrichi. Ils réaffirment aussi leur appui à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) basée à Vienne en soulignant son “rôle essentiel”. Terrorisme nucléaire La menace du terrorisme nucléaire était au coeur de la conférence de deux jours, annoncée comme le plus grand rassemblement de dirigeants de la planète aux Etats-Unis depuis la conférence fondatrice des Nations unies il y a 65 ans. L’Iran et la Corée du Nord, deux pays aux programmes nucléaires controversés, n’avaient pas été invités, mais leur ombre a plané sur la réunion. Si les participants ont approuvé l’appel d’Obama à sécuriser toutes les matières nucléaires dans le monde d’ici quatre ans, ils ont fourni peu de détails sur les moyens de parvenir à cet objectif ambitieux. Hôte du sommet, Barack Obama a appelé la communauté internationale à se concentrer sur le danger du terrorisme nucléaire, qu’il a qualifié de plus grande menace pesant sur le monde. Un groupe terroriste en possession d’une quantité de plutonium de la taille d’une pomme pourrait créer un engin explosif capable de faire des centaines de milliers de victimes, a affirmé le président américain. Bons résultats Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a salué les résultats du sommet sur la sécurité nucléaire. Lors d’une conférence de presse tenue au terme de ce sommet, Amano a indiqué que les représentants des 47 pays avaient concentré leurs discussions sur la question de la sécurité nucléaire et qu’ils s’étaient engagés à soutenir ensemble et de manière ferme les activités de l’AIEA. Après l’Ukraine, le Chili et le Canada , M. Obama a salué l’engagement annoncé par le Mexique de se débarrasser de son uranium hautement enrichi, une “décision très importante” . De son côté, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a affirmé en marge du sommet que la Russie prévoyait de consacrer jusqu’à 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) pour supprimer le plutonium de son programme de défense. Minute de vérité De son côté, la France a proposé d’instituer une juridiction internationale qui serait chargée de poursuivre tout état qui aurait livré à une organisation terroriste du matériel ou des compétences en matière nucléaire. Il pourrait s’agir de modifier le statut du Tribunal Pénal International, ou de créer un TPI ad hoc. L’important, résumait Nicolas Sarkozy, c’est de “combler cette lacune du droit international”. Voilà pour le sujet officiel de ce sommet. Parallèlement, c’est le dossier iranien qui tenait l’affiche. Le président français a clairement laissé entendre qu’en avril, ou en mai au plus tard, un accord devait être trouvé au Conseil de sécurité des Nations Unies. “La minute de vérité approche” a-t-il déclaré. Extension de la coopération
M. Ahmed Aboul Gheït, ministre égyptien des Affaires étrangères, a réitéré l’importance de l’extension de la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme nucléaire et le commerce illégal des produits nucléaires.
Lors d’un banquet offert par le président Barak Obama, en marge du sommet de la sécurité nucléaire à Washington, M. Aboul Gheït a proposé que cette coopération devrait s’effectuer avec le concours de l’agence internationale de l’énergie atomique, et rappelé la coopération positive que l’Egypte a témoignée auprès de cette agence dans le processus de formulation d’une loi régissant les activités nucléaires. Selon le porte-parole, le chef de la diplomatie égyptienne a affirmé la nécessité pour Israël, l’Inde et le Pakistan d’adhérer aux traités d’interdiction des armes de destruction massive, dont celui de l’interdiction des armes nucléaires.
En ce qui concerne les consultations avec les dirigeants américains, M. Aboul Gheit a confirmé leur conviction de relancer le processus de paix et de déployer plus d’efforts pour garantir le retour des parties à la table de négociations indirectes qui seront suivies par d’autres directes. M. Gheit a eu des entretiens avec la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et l’émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, qui doit venir dans la région pour poursuivre ses efforts en faveur des négociations israélo-palestiniennes.

Legende 1
La traditionnelle “photo de famille” des participants au sommet de Washington sur la sécurité nucléaire
1- Barack Obama, en clôture du sommet sur la sécurité nucléaire

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