Israël affronte l’Iran en Russie

15-12-2011 09:05 AM

Abdel Massih Felli


  Le Premier ministre russe et son homologue israélien n’ont pas fait de déclaration officielle à l’issue de leur rencontre au Kremlin. Mais le tête-à-tête entre Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu semble le confirmer : la Russie prend de plus en plus de distance face à son allié iranien. En visite pour deux jours à Moscou, le chef du gouvernement israélien a rencontré le président Dmitri Medvedev lundi  et mardi derniers le Premier ministre Vladimir Poutine. Côté russe, on n’ hésite plus maintenant à évoquer des sanctions contre l’Iran, ce qui était encore tabou, il y a seulement quelques mois.  Le Premier ministre israélien s’est déclaré «très satisfait » de sa visite moscovite. Lundi, Benjamin Netanyahu avait appelé à l’adoption de sanctions efficaces contre l’Iran. Plus discret, Vladimir Poutine, n’a fait aucune déclaration publique sur le nucléaire iranien. Le Premier ministre russe a simplement évoqué la nécessité de poursuivre le processus de paix. Natalia Timakova, la porte-parole du président Dmitri Medvedev a déclaré pour sa part que « l’Iran devait coopérer davantage avec la communauté internationale ». Officiellement, le Kremlin n’a pas fait de commentaires. Mais dans la presse russe, une hypothèse circule depuis quelques jours : devant Benjamin Netanyahu, Moscou se serait engagé à durcir le ton face à l’Iran en échange d’un arrêt des ventes d’armes israéliennes en direction de la Géorgie. Systèmes antimissile La Russie a annoncé mercredi le report dû à des “problèmes techniques” de la livraison à l’Iran de systèmes antimissile S-300, au lendemain de la visite à Moscou du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon l’agence Interfax. “Le retard s’explique par des problèmes techniques. Les livraisons seront effectuées dès qu’ils seront résolus”, a déclaré le directeur adjoint du service russe pour la coopération militaro-technique, Alexandre Fomine, à l’agence Interfax à New Delhi. Cette déclaration intervient après la visite à Moscou du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. “En ce qui concerne les ventes d’armes, nous prenons toujours en compte les inquiétudes de toutes les parties et nous attendons que la Russie fasse la même chose”, a déclaré Netanyahu dans une interview au quotidien russe Kommersant publiée mercredi. Interrogé pour savoir si le dossier des systèmes S-300 avait été évoqué lors de ses discussions avec le président russe, Dmitri Medvedev, Netanyahu a répondu: “les déclarations (de Medvedev) ont été très importantes, mais je ne voudrais pas entrer dans les détails”. Les pays occidentaux et Israël demandent depuis des mois à la Russie de renoncer à livrer ces systèmes controversés à l’Iran, malgré le contrat liant les deux pays à ce sujet. Moscou souffle le chaud et le froid sur ces missiles sol-air, qui rendraient plus difficiles des bombardements d’installations nucléaires iraniennes. Téhéran de son côté s’agace ouvertement du retard pris par la livraison. Un haut responsable russe a assuré que la Russie n’avait pas de raison de ne pas honorer son contrat avec l’Iran. “Il y a un contrat signé, que nous devons remplir, mais les livraisons n’ont pas encore commencé. Cette transaction ne fait l’objet d’aucune sanction internationale”, a déclaré le secrétaire adjoint du Conseil russe de sécurité, Vladimir Nazarov. L’ambassadeur iranien à Moscou, Mahmoud Reza Sajjadi, avait affirmé fin novembre avoir reçu l’assurance que ce système d’arme serait bien livré à Téhéran. Les systèmes S-300 rendraient plus difficiles les bombardements d’installations nucléaires iraniennes, une action que n’excluent pas les Etats-Unis et Israël. Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil. Le Hezbollah menace Le chef du Hezbollah chiite libanais a prévenu mardi que son mouvement bombarderait les infrastructures d’Israël, y compris les aéroports et raffineries, en cas d’attaque israélienne contre le Liban. “Si vous attaquez l’aéroport Rafic Hariri de Beyrouth, nous attaquerons l’aéroport Ben Gourion, si vous attaquez nos ports, nous attaquerons vos ports, si vous bombardez nos raffineries de pétrole, nous bombarderons les vôtres, si vous bombardez nos centrales électriques et nos usines, nous bombarderons les vôtres”, a lancé Hassan Nasrallah. Il prononçait un discours retransmis sur grand écran devant des milliers de partisans dans la banlieue sud de Beyrouth. “Si vous détruisez un seul immeuble de la banlieue sud (de Beyrouth), nous détruirons des immeubles à Tel-Aviv”, a-t-il ajouté, sous les applaudissements de la foule, en évoquant “différentes capacités” de son mouvement sans plus de précisions. “J’annonce aujourd’hui que j’accepte ce défi”, a poursuivi cheikh Nasrallah en réponse aux mises en garde de responsables israéliens ces dernières semaines que toute attaque de la part du Hezbollah entraînerait une sévère riposte. Il a toutefois indiqué que son parti “ne souhaitait pas” le déclenchement d’une guerre, affirmant que les “menaces” israéliennes n’étaient qu’une “guerre psychologique visant à effrayer les Libanais”. “Les Israéliens ne se lanceront dans une guerre que s’ils étaient sûrs de remporter une victoire définitive car ils ne peuvent plus essuyer un nouvel échec”, a poursuivi cheikh Nasrallah. Il faisait référence aux guerres de 2006 contre le Hezbollah au Liban et l’offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza il y a un an, l’Etat hébreu n’étant pas parvenu à briser le mouvement libanais ou le mouvement palestinien, ses deux bêtes noires. “Israël ne comprend que le langage des menaces”, a poursuivi le chef du Hezbollah, qui s’exprimait à l’occasion d’une cérémonie organisée à la mémoire de trois leaders du mouvement assassinés. Il s’agit de son prédécesseur Abbas el-Moussaoui, assassiné par Israël en 1992, Ragheb Harb, autre leader du mouvement tué aussi par l’Etat hébreu en 1984 et Imad Moughnieh, un haut commandant du Hezbollah tué en 2008 à Damas, un assassinat également imputé à Israël. Le Hezbollah a promis de venger le meurtre de Moughnieh dans lequel l’Etat hébreu a nié toute implication. Fin 2009, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak avait estimé que le Hezbollah possédait aujourd’hui 40.000 roquettes contre 14.000 au moment du conflit de 2006. Lors de cette guerre, le mouvement chiite avait tiré plus de 4.000 roquettes contre le nord d’Israël. Les déclarations de Nasrallah interviennent après des semaines d’escalade verbale de la part d’Israël mais également de la Syrie, Israël et Damas se menaçant mutuellement de représailles en cas de conflit. De leur côté, plusieurs responsables libanais ont affirmé que les “menaces” israéliennes ne devraient pas être “prises à la légère”. Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé dimanche que son pays se placerait aux côtés de son voisin libanais face à toute agression israélienne.  legende  Rencontre Netanyahu-Poutine à Moscou.

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