Création de l’Union monétaire du Golfe

15-12-2011 09:05 AM


Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’est doté mardi d’une Union monétaire et s’est déclaré en mesure de surmonter la crise économique mondiale qui a provoqué une baisse des recettes pétrolières dans leurs pays. Dans un communiqué final publié au terme de leur 30e sommet annuel, les dirigeants du CCG se sont dits “confiants dans la solidité de leurs économies et leur capacité à surmonter l’impact de la crise” financière mondiale. Le CCG a également annoncé qu’il avait décidé de mettre en place un “Conseil monétaire” et chargé son conseil d’administration d’entreprendre les mesures nécessaires en vue de la création d’une monnaie unique du Golfe. Il n’a pas défini de calendrier pour le lancement de cette monnaie, prévu initialement en 2010, une échéance jugée irréaliste. Le projet “est sur la bonne voie”, a déclaré le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Mohammad al-Sabah, ajoutant que le Conseil monétaire devrait “harmoniser et coordonner” les politiques monétaires des pays membres. Auparavant, le ministre koweïtien des Finances, Moustafa al-Chamali, avait annoncé l’entrée en vigueur du traité sur l’union monétaire du CCG.

Seuls quatre des six pays membres du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït et Qatar) ont approuvé le traité. Les Emirats arabes unis et Oman se sont retirés du processus. Le sommet a cependant reporté une décision sur la construction d’un réseau ferroviaire transnational de 2.000 km et d’un coût de 25 milliards de dollars, et requis de compléter l’étude de faisabilité du projet. Les monarchies du CCG ont en outre précisé qu’elles ne se sentaient pas menacées par les immenses projets pétroliers de l’Irak qui en feront à terme l’un des principaux acteurs sur les marchés internationaux, a assuré cheikh Mohammad, dont le pays préside le CCG.

Les six membres du CCG, qui détiennent 45% des réserves prouvées de brut et le quart des réserves de gaz dans le monde, pompent quelque 15 millions de barils par jour (mbj) de brut, soit près du cinquième de la consommation mondiale. L’attribution vendredi et samedi de l’exploitation de sept champs pétroliers à des consortiums internationaux, après la mise aux enchères de trois autres en juin, doit permettre à l’Irak de produire 12 mbj en 2016, contre 2,5 mbj actuellement. L’Irak possède les troisièmes réserves prouvées au monde avec 115 milliards de barils, juste derrière l’Arabie saoudite (262 milliards de barils) et l’Iran. Les dirigeants du CCG ont par ailleurs apporté leur “plein soutien à l’Arabie saoudite face aux agressions des infiltrés armés”, en référence à la guerre à la frontière saoudo-yéménite.

Ryad a lancé des opérations militaires début novembre contre les rebelles chiites du nord du Yémen, en lutte contre le pouvoir central, après que ceux-ci eurent tué un garde-frontière saoudien et occupé provisoirement deux petits villages du royaume. Sur la question du programme nucléaire controversé de l’Iran, les monarchies du CCG plaident pour une issue “pacifique” au bras de fer entre Téhéran et la communauté internationale. “Nous n’accepterons aucune action militaire contre l’Iran”, a déclaré le ministre koweïtien des Affaires étrangères, appelant Téhéran à “se conformer a ce qui est requis par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)”. Le sommet a décidé de tenir son prochain sommet à Abou Dhabi, et le secrétaire général du CCG, le Qatariote Abderrahman Attiyah, a indiqué qu’un Bahreïni lui succédera à la tête du groupe à l’expiration de son mandat en avril 2011.

Par ailleurs, 10 milliards de dollars: c’est la somme que vient d’avancer Abou Dhabi pour sauver l’Emirat de Dubaï au bord de la faillite. La solidarité entre voisins a donc joué, mais il faut dire que les Emirats n’avaient pas vraiment le choix. Le scénario du pire, le défaut de paiement, avait été évoqué, mais les créanciers auraient alors eu la haute main sur Dubaï, une issue difficillement envisageable au sein du Golfe où l’on a donc préféré laver, au moins partiellement, son linge sale en famille.

En pratique, Abou Dhabi avance 10 milliards de dollars, dont 4 serviront dès aujourd’hui à rembourser une partie de la dette du groupe immobilier local Nakheel. D’une certaine manière, c’est une surprise. Dubaï avait demandé le 25 novembre dernier un moratoire sur une dette de 59 milliards de dollars. Les contacts avec les créanciers, principalement de grandes banques britanniques, se sont multipliés jusqu’ici sans résultat. D’où le coup de pouce d’Abou Dhabi, riche de ses importants revenus pétroliers.

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