Comment confronter la pauvreté et le chômage?

15-12-2011 09:06 AM


 Le 2ème sommet social et économique de la Ligue arabe a été consacré à la lutte contre le chômage et la pauvreté dans le monde arabe, a eu lieu à Charm El-Cheikh, le 19 et 20 Janvier en cours, en Egypte. Le sommet s’est déroulé au lendemain de la chute du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie, après un mois de troubles sociaux massifs dans ce pays. Des désordres dus au chômage important, aux prix élevés des produits alimentaires et au faible niveau de vie se sont également produits dans d’autres pays arabes. Selon le président  Hosni Moubarak, il faut s’attaquer en priorité à la création d’emplois pour les jeunes qui représentent le quart de la population du monde arabe. Ce sommet a été destiné à aborder les problèmes économiques que rencontre le monde arabe, la conférence avait pour finalité la progression du processus d’intégration économique régional. S’exprimant lors de la session d’ouverture, le président Hosni Moubarak a exhorté les participants au sommet à élaborer une vision arabe commune, en vue d’atténuer les répercussions des défis auxquels le monde doit se confronter, d’évaluer les progrès enregistrés dans le cadre de la mise en application des résolutions adoptées lors du premier sommet, tenu en 2009 au Koweït, et d’avancer de nouvelles propositions afin d’assurer leur concrétisation.   Coopération interarabe  Ce sommet s´est une nouvelle fois consacré à la consolidation de la coopération interarabe dans le domaine du perfectionnement des infrastructures, notamment du réseau ferroviaire, des transports maritimes, du réseau des communications et du soutien au développement du secteur privé, et en particulier des petites et moyennes entreprises. Pourtant, l’application tardive des projets de développement, prévue par les résolutions du sommet du Koweït, a fait l’objet de critiques, principalement motivées par l’impact persistant de la crise financière mondiale dans la région arabe. Ce sommet se tient sur fond d’inquiétudes économiques ayant accouché de crises politiques dans certains pays arabes, dont la Tunisie, la Jordanie et l’Algérie, qui ont récemment été le théâtre de protestations contre le taux élevé de chômage, la flambée des prix et la corruption.  Pauvreté, chômage et PME Principal forum panarabe dédié à la promotion de l’intégration économique dans la région, ce sommet se propose de consolider les acquis du premier sommet, tenu en janvier 2009 au Koweït, et de favoriser une complémentarité dans la lutte contre la pauvreté, le chômage et d’autres problèmes d’ordre économique et social. Les chefs d’Etat et de gouvernement arabes avaient en effet à tracer les contours d’une stratégie globale de lutte contre la pauvreté, en particulier dans les pays les plus démunis et les moins développés, à travers l’approfondissement des réalisations des Objectifs du millénaire pour le développement, un des points ayant figuré à l’ordre du jour du sommet du Koweït.   Lors de son allocution, Moubarak a souligné que l’emploi constituerait l’un des plus importants défis auquel serait confrontée la région. Un fonds de deux milliards de dollars américains devrait être affecté au financement de projets de petite ou moyenne entreprises destinés à favoriser l’embauche des jeunes dans les pays arabes. Dix chefs d’Etat, ainsi que des chefs de gouvernement et des représentants de haut niveau, ont assisté à la cérémonie d’ouverture. Etaient également présents, le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, le directeur général du Groupe de la Banque mondiale, Mahmoud Mohieddine, et la directrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark. La plupart des fonds ont déjà été versés par les pays du Golfe riches en pétrole. Le fonds accordera des crédits à long terme aux entrepreneurs arabes. Les participants au sommet se penchent en outre sur un projet de réunification des réseaux électro-énergétiques nationaux et la construction d’un gazoduc panarabe traversant six pays. Par ailleurs, les pays arabes discutaient aussi de coopération dans les transports maritimes.
Colère populaire
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a pressé mercredi les pays de cette région à répondre à “la colère et la frustration sans précédents” de leurs populations, à l’origine de la révolte en Tunisie, lors du sommet des pays arabes en Egypte. “La révolution en Tunisie n’est pas éloignée de ce que nous discutons ici”, a déclaré M. Moussa devant ce sommet des 22 membres de l’organisation panarabe. “L’âme arabe est brisée par la pauvreté, le chômage et le recul des indices de développement”, a-t-il ajouté, en soulignant la nécessité de parvenir à des “succès réels” pour améliorer les conditions de vie. “La majorité de ces problèmes n’a pas été résolue”, a-t-il dit, en affirmant que “les citoyens arabes sont dans un état de colère et de frustration sans précédent”. Ce sommet d’une journée constituait la première réunion des chefs d’Etat arabes depuis le départ vendredi dernier, sous la pression populaire, du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, après 23 ans de règne. Les dirigeants se sont toutefois limités, dans une déclaration finale qui ne mentionne pas la Tunisie, à “aller de l’avant en matière de développement humain, technologique et économique”. La déclaration ajoute que “les défis auxquels la région fait face dans le domaine du développement ne sont pas moins importants que les défis politiques”. Seule mesure concrète, le sommet a confirmé un engagement, pris lors du précédent sommet économique arabe en 2009 au Koweït, de créer un fonds de deux milliards de dollars pour aider les petites et moyennes entreprises et soutenir l’emploi. Ce fonds a déjà reçu 1,4 milliards de dollars. De nombreux gouvernements arabes ont minimisé ces derniers jours les déclarations selon lesquelles la crise tunisienne pouvait se reproduire chez eux, tout en laissant parfois poindre leur inquiétude devant cette situation. “Nous suivons les efforts de nos frères en Tunisie pour se rassembler et surmonter cette phase difficile” afin de parvenir à “la paix et la sécurité”, a déclaré l’émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah. Plusieurs pays arabes -Algérie, Egypte, Mauritanie- ont connu ces derniers jours une série d’immolations par le feu, semblables au geste d’un jeune vendeur ambulant tunisien mi-décembre, qui avait marqué le début de la révolte ayant renversé le président Ben Ali. Dans plusieurs pays, l’exemple de la “révolution du jasmin” tunisienne a été repris par l’opposition -au Soudan, en Jordanie ou en Egypte notamment-. Des manifestions contre la cherté de la vie ou le chômage ont également eu lieu dans plusieurs pays. Dix chefs d’Etat participaient au sommet. Les autres pays sont représentés principalement par des Premiers ministres ou des ministres des Affaires étrangères. Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Kamel Morjane, qui devait représenter son pays, a quitté l’Egypte  , avant l’ouverture du sommet. Suite à cette absence, le siège de la Tunisie devait être occupé par son ambassadeur au Caire, a-t-on indiqué à l’ambassade, sans donner la raison du départ précipité du ministre. Le président soudanais Omar el-Béchir, dont le pays est proche de la partition à la suite du référendum sur l’indépendance du Sud-Soudan, a assisté à la réunion. M. Béchir fait l’objet de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour, région de l’ouest du Soudan théâtre d’une guerre civile. ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ légende 
Les ministres des Affaires étrangères égyptien Ahmed Aboul Gheit (G), saoudien, Prince Saoud al-Faisal (C) et koweitien Cheikh Mohammad al-Sabah, à Charm el-Cheikh
 

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