Canonisation de la première sainte australienne

15-12-2011 09:06 AM


 


 


 



Le pape Benoît XVI a célébré dimanche 17 octobre sur la place Saint-Pierre la messe de canonisation de la première sainte australienne, Mary MacKillop (1842-1909). Ce fut un événement en Australie où la sainte est très populaire. Dans tout le pays, des messes spéciales furent organisées et la canonisation fut retransmise en direct du Vatican par les télévisions. Une véritable fièvre semblait s’être emparée des Australiens. Le monument où Mary MacKillop est enterrée ne désemplit pas et 20.000 pèlerins se pressèrent dans la ville où elle avait fondé l’ordre des sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur (les Joséphites).


Sa ville, son pays


La Bienheureuse Mary MacKillop, connue sous le nom de Mère Marie de la Croix, est née à Fizroy, Melbourne, en 1842 dans une famille d’émigrants écossais et elle y fut baptisée.


Melbourne était une ville neuve, puisqu’elle fut fondée en 1835 et qu’elle voyait sans cesse affluer les nouveaux arrivants. Elle a été construite sur les terres des Wurundjeri, peuple aborigène natif de cette région. Après la découverte d’or dans le centre du Victoria en 1850, lorsque Mary avait 8 ans, Melbourne et son port devinrent un passage obligé et prirent rapidement de l’importance. Dans les années 1880, on la surnommait : « Melbourne la magnifique ».


Sa naissance, son enfance, sa vocation


Les parents de Mary, émigrants écossais, Alexander MacKillop et Flora MacDonald, se sont mariés en 1840 à Melbourne, deux ans avant sa naissance.
La ferme d’Alexander ne rapportant pas suffisamment d’argent, la famille survit plus qu’elle ne vit. Ainsi, à l’âge de 14 ans, Mary commence à travailler, d’abord à Melbourne puis à Portland.
Afin d’apporter un soutien financier à sa famille, elle trouve à 18 ans un travail de gouvernante à Penola dans le sud de l’Australie.


Quand le Père Julian Tennyson Woods fait la rencontre de Mary en 1861, un an après son arrivée à Penola, il est frappé par son désir de se mettre au service de Dieu, c’est alors que grandit en elle la conviction que Dieu désire qu’elle œuvre au service d’une éducation catholique accessible à tous les enfants.


Sa mission


Remplie de l’Esprit-Saint, Mary travaille avec force au service du Christ et de Son Église dans toute l’Australie et en Nouvelle-Zélande, se déplaçant à cheval de Penola à Adélaïde, en passant par l’arrière-pays pour finalement s’installer à Sydney.
À Penola, on la voit prendre soin d’une petite fille aborigène délaissée ; elle voyage de nuit pour être au chevet d’une sœur mourante à Port Augusta et, à Kincumber, elle risque sa vie en traversant des eaux en crue pour rejoindre un enfant en train de mourir.


    « Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait »
    (Mathieu, chapitre 25, verset 40)


 


La co-fondation des sœurs de St Joseph du Sacré-Cœur


Elle est peut-être plus réputée encore comme co-fondatrice des sœurs de St Joseph du Sacré-Cœur avec le Père Julian. Leur mission principale est d’assurer l’éducation des jeunes enfants, avec une attention particulière apportée à la formation religieuse, tant au niveau des connaissances que de la pratique.


Au cours du siècle qui suit, les sœurs de Saint-Joseph ouvriront de nombreuses écoles à travers l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Elles travaillent aussi parmi les plus démunis de la manière qui leur semble la plus appropriée.
Le zèle des personnes saintes soulève souvent la critique. Mary n’y échappe pas : elle est victime des doutes et même de la jalousie de ceux qui l’entourent, y compris du clergé local et de certaines sœurs de sa propre communauté. Elle est notamment excommuniée par l’évêque d’Adelaïde, décision à laquelle elle réagit avec obéissance, diligence et confiance dans la Providence de Dieu. Le même évêque la réintégrera dans la communion avec l’Église avant de mourir, reconnaissant avec humilité sa grave erreur.
Avec l’âge, la santé de Mary se dégrade, mais elle ne laisse pas la maladie l’éloigner de son travail avec les sœurs pour les pauvres. Alors qu’elle est en visite auprès des communautés de Nouvelle-Zélande, elle a une attaque et est obligée de rentrer à Sydney où elle meurt le 8 août 1909.


Commémoration et sainteté


Depuis sa mort, elle est vénérée en Australie et reste un emblème des débuts de l’Église catholique dans ce pays. Une chapelle à sa mémoire, la Mary MacKillop Memorial Chapel, a été ouverte à Sydney Nord en 1914. Actuellement c’est l’emplacement de son tombeau[].
En 1973, la cause de béatification de Mary Mackillop a été introduite[]. En 1995 elle est devenue la première Australienne à être béatifiée. Le 17 juillet 2008, le pape Benoît XVI a prié sur sa tombe lors de sa visite à Sydney pour les Journées mondiales de la jeunesse 2008. Le 19 décembre 2009, le Vatican a annoncé la reconnaissance d’un deuxième miracle attribué à son intercession[]. Sa canonisation a eu lieu le 17 octobre 2010[]. Cela fera d’elle la première sainte australienne canonisée[].
Les Joséphites sont toujours présentes en Australie et en Nouvelle-Zélande et se sont aussi installées dans d’autres pays comme l’Irlande, le Timor oriental et le Pérou. Elles s’occupent d’éducation et travaillent avec les défavorisés, les nouveaux migrants et avec des indigènes. Depuis sa mort, elles continuent de vivre selon sa devise : « Ne jamais voir un besoin sans chercher à y répondre. »
Citations
 (Lettre aux soeurs à l’occasion de la fête de St Joseph, le 6 mars 1900) :

 Ô cher St Joseph notre père, prends soin de tes pauvres enfants et garde les tous fidèles, fidèles jusqu’à la mort à l’adorable esprit d’humilité de ta glorieuse Institution.

 Soeurs, je redoute l’esprit mondain qui recherche la meilleure part et oublie les pauvres et les délaissés et qui par conséquent déçoit les appels à l’aide pleins de chagrin que nous recevons parfois de notre cher Époux souffrant.

 “Nous ne devons pas être ingrates et nous devons prouver notre reconnaissance par nos actes et notre travail enjoué, notre volonté de surmonter notre égocentrisme à tout prix, d’aller là ou l’obéissance le requiert, choisissant, si le choix nous est donné, les lieux les plus délaissés où Il nous appelle. N’oublions pas que dans l’esprit de notre Règle c’est là que nous devrions désirer aller. Que les vrais enfants de St Joseph se souviennent de leur mission et recherchent avant tout les zones les plus pauvres et les plus négligées du vignoble de Dieu.
(lettre à Monseigneur Kirby, août 1873) : “Les soeurs doivent faire tout le bien possible et ne jamais voir un mal sans chercher une manière d’y remédier”. De là la devise de sa congrégation : “Ne jamais voir un besoin sans faire quelque chose”)
(observations sur la Règle 18 mai 1873) : « C’est aussi leur devoir… de faire tout le bien qu’elles peuvent… visiter les malades, les hôpitaux, les prisons, accueillir les orphelins et les démunis. »
(Aux soeurs 10 mars 1907) : « Ah, enfants du coeur noble et généreux de St Joseph, nous devons brûler du zèle et du courage à servir notre Dieu… Nous ne devons pas oublier avec quelle profonde signification il (St Joseph) nous a été donné comme notre modèle dans l’acquittement de nos devoirs envers les enfants de nos écoles, les pauvres dont nous avons la charge… Demandons-lui (St Joseph) de nous obtenir un amour généreux et dévoué pour son Jésus, un amour qui nous rendra, comme lui, fidèles à Ses intérêts, un amour qui… nous fera nous réjouir de Le servir dans Ses pauvres et dans Ses personnes délaissées, qui nous enseignera la patience envers leurs fautes et la manière de les aider, dans une charité aimante, à les surmonter. »

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