Assouplir le blocus de Gaza

15-12-2011 09:06 AM

Abdel Massih Felli Michael Victor


Le président Hosni Moubarak et son homologue palestinien Mahmoud Abbas se sont entretenus à Charm El-Cheikh des efforts pour lever le blocus de Gaza.  Lors d’une conférence de presse au terme de leur rencontre, Abbas a dit que leur discussion a porté notamment sur les résultats de sa dernière tournée à l’étranger qui l’avait conduit en Turquie, aux Etats-Unis, en Espagne et en France, ainsi que sur les efforts visant à réaliser la réconciliation palestinienne. Il a informé Moubarak des résultats de ses entretiens avec le président américain Barack Obama. Selon Abbas, le président Obama avait souligné la nécessité de mettre fin au blocus de Gaza et d’ouvrir une enquête sur l’attaque israélienne contre la flotille humanitaire internationale pour Gaza.  “Nous avons dit aux Américains que le blocus doit être levé, cela signifie l’ouverture de tous les points de passage entre Israël et la bande de Gaza”, a expliqué le président Abbas.  Il a appelé par ailleurs à la mis en place d’une commission impartiale pour enquêter sur l’attaque israélienne contre la flotille humanitaire pour Gaza qui a fait neuf morts et plusieurs blessés. “La commission d’enquête doit être formée selon la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité de l’ONU”, a dit Abbas.  A propos des négociations palestino-israéliennes, Abbas a dit: ” Si Israël montre une attitude positive, nous n’aurons pas d’objection à entamer des négociations directes”. Abbas a appelé enfin le Hamas à signer l’accord de réconciliation proposé par l’Egypte. Livrer la cargaison Un haut responsable onusien a annoncé que l’ONU apportera à la population de Gaza la cargaison d’aide apportée par une flottille et saisie par Israël le 31 mai. “Conformément au souhait du Conseil de sécurité que la cargaison parvienne à destination”, les Nations unies “sont prêtes à accepter cette responsabilité à titre exceptionnel”, a déclaré devant le Conseil le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient. Il précise que l’ONU a obtenu l’accord d’Israël pour cette opération, ainsi que des propriétaires des cargaisons qui étaient transportées sur trois navires turcs. “Le gouvernement d’Israël a accepté de remettre la totalité de la cargaison à l’ONU à Gaza, étant entendu que ce sera à celle-ci de déterminer quelle utilisation humanitaire en sera faite sur place”. “Nous avons de bonnes raisons de croire que les autorités de facto de Gaza respecteront l’indépendance des décisions de l’ONU à cet égard”, ajoute-t-il. Points de passage Le président palestinien redoute qu’Israël veuille se débarrasser sur lui de ses obligations humanitaires à Gaza. Un peu plus tôt, le ministre israélien des Affaires sociales, Isaac Herzog, avait annoncé qu’Israël étudiait les moyens d’assouplir son blocus imposé à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas, il y a trois ans, estimant qu’il nuisait à son image dans le monde. Un responsable israélien a déclaré que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a réuni mercredi le gouvernement pour examiner l’élargissement de la liste des marchandises autorités à entrer à Gaza par les postes israéliens. L’Etat juif subit des pressions de la communauté internationale en faveur d’un tel allègement depuis l’abordage sanglant par la marine israélienne, le 31 mai, d’une flottille d’aide qui tentait de forcer le blocus. L’Egypte a rouvert partiellement son seul passage avec Gaza au niveau de la ville de Rafah après l’abordage israélien, qui a fait neuf morts parmi des militants turcs pro-palestiniens, mais elle continue de filtrer les cargaisons, en invoquant des raisons de sécurité. L’Egypte s’est notamment alarmée de propos tenus dimanche par le ministre israélien des Transports, Yisraël Katz, qui s’est prononcé pour l’acheminement de tout le trafic civil pour Gaza via le seul point de passage de Rafah. De source égyptienne, on soupçonne Israël de vouloir se défausser définitivement sur l’Egypte de ses obligations humanitaires envers la population de Gaza, une hypothèse qui éloignerait les perspectives d’un Etat palestinien à la fois sur ce territoire et en Cisjordanie, avec Jérusalem comme capitale. Le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert H. Serry, dans son rapport mensuel, a estimé que cette crise  est “le symptôme le plus récent d’une politique qui a échoué”.  Comme l’a répété le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, “la situation à Gaza ne peut pas durer et la politique actuelle est inacceptable et contreproductive”, a-t-il déclaré, plaidant pour une “stratégie différente et plus positive”.  “Le bouclage de la bande de Gaza doit prendre fin”, a-t-il insisté. Le Coordonnateur spécial a rappelé que le Conseil de sécurité, dans sa déclaration présidentielle du 1er juin, avait souligné que la situation à Gaza ne pouvait pas durer.  “Nous sommes d’accord qu’elle doit changer”, a-t-il dit.   Commission d’enquête Par ailleurs, la dimension de la commission adoptée par l’occupant israélien pour enquêter sur l’agression commise contre la flottille de la liberté pour Gaza “ne correspond pas” à la demande du Conseil de sécurité de l’Onu, a noté le président Mahmoud Abbas,. “La proposition faite aujourd’hui par Israël pour la commission d’enquête ne correspond pas à la demande du Conseil de sécurité de l’Onu”, a déclaré Abbas à l’issue d’une rencontre avec le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy. Abbas a ajouté cependant qu’il était tout à fait d’accord avec la commission d’enquête telle qu’elle a été mentionnée dans la déclaration finale publiée par le Conseil de sécurité onusien à l’issue de sa réunion” du 1er juin. Israël a adopté à l’unanimité la mise en place d’une “commission publique indépendante”, avec la participation de deux observateurs étrangers, pour enquêter sur les agressions de l’armée d’occupation contre la “flottille de la liberté” pour Gaza. De son côté, le mouvement palestinien, Hamas, a affirmé qu’Israël tentait manifestement d’échapper à la pression internationale et aux appels à une enquête internationale sur le raid sanglant contre “La Flottille de la Liberté” pour Gaza.
Allègement du blocus  Le gouvernement israélien a décidé d’alléger le blocus de la bande de Gaza, un peu plus de deux semaines après l’assaut sanglant d’une flottille d’aide à destination de l’enclave palestinienne contrôlée par le Hamas.  “Il a été convenu d’assouplir le dispositif qui permet aux biens civils de pénétrer dans la bande de Gaza et d’accroître le flux de matériaux nécessaires aux projets civils sous supervision internationale”, dit-il dans un communiqué, sans détailler la liste des produits concernés. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu semble donc prêt à autoriser les agences de l’Onu à importer des matériaux de construction, qui font cruellement défaut depuis l’offensive israélienne menée en décembre 2008 et janvier 2009 dans la bande de Gaza. “Les procédures de sécurité” mise en oeuvre pour empêcher les armes et le matériel militaire d’y pénétrer resteront en vigueur, souligne le “cabinet de sécurité”, qui a entamé ses discussions mercredi. Le communiqué n’évoque en revanche aucun assouplissement du blocus maritime. Imposé après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes de 2006, ce blocus a été renforcé lorsque le mouvement islamiste s’est emparé du territoire, en juin 2007. Les appels en faveur de la levée de cette mesure se multiplient depuis l’assaut de la “flottille de la liberté”, qui a fait neuf morts parmi les militant pro-palestiniens.  
  legende Sommet Moubarak-Abbas au Caire

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