Appel à la chute du régime syrien

15-12-2011 09:07 AM


 


 


Le président syrien, Bachar Al-Assad, l’avait promis, le gouvernement a adopté, depuis quelques jours, projet de loi abrogeant l’état d’urgence qui était en vigueur depuis 1963. Cette abrogation était l’une des principales revendications des protestataires, qui réclament une libéralisation du régime. Cette annonce intervient plus d’un mois après le début de la contestation qui s’est amplifiée ces derniers jours. Selon un haut responsable, le président syrien devra ratifier ce texte avant qu’il n’entre en vigueur, mais sa signature devrait être une simple formalité.


Droit de manifester
Le gouvernement a également approuvé des projets de loi pour réglementer le droit de manifester. Bachar Al-Assad avait en effet promis une loi autorisant les manifestations qui “protège les biens privés et publics de tout acte de sabotage”, et assuré qu’une nouvelle loi sur la presse était “presque prête”. Selon lui, “cette série de réformes élargira les libertés”.
Dans ce contexte, la contestation continue en Syrie. La répression aussi puisque la police politique a arrêté l’un des leaders de l’opposition dans la ville de Homs. Au moins une vingtaine de manifestants ont été tués dans cette ville du centre de la Syrie. Des activistes ont évoqué des “tirs nourris” contre les vingt mille manifestants rassemblés sur la place de l’Horloge, rebaptisée place Tahrir, en référence à la capitale égyptienne où s’était cristallisée la révolte anti-Moubarak


Par ailleurs, à Banias (nord ouest), théâtre de troubles il y a une dizaine de jours, un haut responsable de la sécurité a été limogé, a dit l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, selon qui il a été vu sur une vidéo montrant “les forces de sécurité syriennes en train d’attaquer les habitants de Baïda”, un village voisin de Banias.


Otage du régime
Voilà 40 ans que le pouvoir est confisqué par la minorité alaouite (12 % de la population). Choisi il y a onze ans, à la mort de son père, par la “vieille garde” pour représenter le système et moderniser son image, Bachar Al-Assad ne disposerait que d’une marge de manoeuvre limitée au sein de l’appareil d’Etat. “Bachar est l’otage de l’aile dure du régime, qui refuse toute réforme consistante, affirme une source libanaise proche du parti sunnite de l’ex-Premier ministre Saad Hariri. Or, l’opposition n’acceptera pas de demi-mesure”.
  
Le président n’aurait surtout guère de prise sur les multiples services de sécurité du pays, près d’une vingtaine, chargés de faire régner l’ordre en entretenant un climat de peur et placés sous la houlette de Maher, son frère cadet. “Le vrai pouvoir alaouite, c’est la garde républicaine et les services secrets”, souligne Jean François Daguzan, spécialiste à la Fondation pour la recherche stratégique et rédacteur en chef de la revue Maghreb Machrek. Ce sont eux qui ont jusqu’ici géré la crise, appliquant la seule logique de la force. “En annonçant la levée de la loi d’urgence, ils lâchent du lest. Mais il y a peu de chances pour que cela suffise à calmer mes esprits”, poursuit le chercheur. Le régime agite régulièrement le spectre du retour en force des Frères musulmans, écrasés dans le sang à Hama en 1982. Face à la majorité sunnite, dont les frustrations et le désir de vengeance ne se sont pas émoussés, le pouvoir se pose en défenseur des minorités, notamment des chrétiens.  



 

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